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Politique

Sous le soleil exactement…

Apartheid-Plage et Tel-Aviv-sur-Seine

En plein mois d’août, la Ville de Paris décide d’organiser Tel-Aviv Plage sur les bords de Seine : rendre hommage à la capitale de l’État raciste et colonialiste d’Israël, dans une ambiance festive… Un an après le soutien du gouvernement socialiste et de Hollande à l’armée sioniste, dans le cadre de l’agression contre Gaza, c’est la majorité municipale de Anne Hidalgo qui manifeste à son tour son soutien à Israël. Ouverture prévue le jeudi 13 août…

lundi 17 août 2015

Mariana Cano{}

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Aucun débat n’est prévu sur la situation du peuple palestinien ni sur le massacre de l’année dernière, encore moins sur l’impunité des colons assassins de bébés et de familles entières. Bruno Julliard, premier adjoint à la mairie de Paris, a certes voulu se défendre de tout « amalgame entre la politique de colonisation brutale du gouvernement israélien (…) la ville de Tel-Aviv [étant] une ville progressiste, symbole de paix et de tolérance ». Pour mémoire, Tel-Aviv a été construite sur les ruines des sept villages palestiniens. Ce n’est pas une ville comme les autres, loin de là. Quoi qu’en dise Eitan Schwartz, conseiller du maire de Tel-Aviv, selon qui la Mairie de Paris construirait « des ponts entre les peuples (…) pour faire avancer la cause de la paix », Tel-Aviv est avant tout le symbole de l’État d’Israël et de sa politique historique de nettoyage ethnique.

L’opposition de droite est venue soutenir Anne Hidalgo là où chez plusieurs élus de gauche, un certain malaise s’est fait sentir. C’est le cas de la conseillère de Paris du Parti de Gauche Danielle Simmonet, qui s’est vivement opposée à la tenue de Tel-Aviv Plage, de même que des élus du groupe Communiste-Front de gauche au Conseil de Paris. Ils se sont dits consternés de n’avoir « jamais avoir été associés ou informés » d’une telle initiative, « alors que Tel-Aviv est la capitale économique d’un pays dont le gouvernement d’extrême-droite méprise quotidiennement le droit international et mène une politique brutale de colonisation des territoires palestiniens ». Faisant partie intégrante de la majorité municipale, les élus communistes devraient s’interroger sur leur place aux côtés d’Anne Hidalgo (comme avant, aux côtés de Bertrand Delanoë) à la Mairie de Paris.

Le problème n’est pas tant l’absence de communication dénoncée bien tardivement ou de déplorer que les conditions de sécurité ne sont pas réunies pour la tenue d’une telle initiative. L’enjeu réel, pour celles et ceux qui soutiennent la juste cause du peuple palestinien, serait d’imposer que Tel-Aviv-sur-Seine, qui n’est autre que l’expression d’un soutien à l’Apartheid qu’Israël impose en Palestine et contre les citoyens arabes, ne se tienne pas. Plusieurs partis et organisations, dont le NPA, ont d’ores-et-déjà annoncé leur intention de s’opposer à l’ouverture de la manifestation.

Pendant ce temps, de l’autre côté de la Méditerranée, une semaine après l’annonce de la mort du petit Ali Dawabshah, brûlé vif dans l’incendie criminel de sa maison par des colons israéliens, on apprend que son père, brûlé à 90%, a lui aussi succombé à ses blessures. La mère, elle aussi brûlée au troisième degré sur 90% de son corps, se débat toujours entre la vie et la mort, de même que le petit frère de quatre ans. La décision de la Mairie de Paris de maintenir coûte que coûte Tel-Aviv Plage est d’autant plus révoltante après des crimes pareils. Quoi qu’en dise le gouvernement de Benjamin Netanyahu qui veut faire passer les auteurs de ce crime pour des « extrémistes », c’est l’État d’Israël le seul responsable de ces crimes, avec sa politique de colonisation et d’exaction contre le peuple palestinien.




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