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Apartheid vaccinal. En Egypte, le régime prévoit de rendre le vaccin contre le Covid-19 payant

Des millions d'Égyptiens défavorisés seront dans l'incapacité de se faire vacciner contre le Covid-19 après que le gouvernement a annoncé qu'il sera payant. Face à l'irrationalité capitaliste, exigeons la socialisation des brevets afin de produire des vaccins pour toutes et tous !

lundi 5 avril

Crédits photo : AFP/Khaled DESOUKI

Le gouvernement égyptien a récemment dévoilé des plans de vaccination qui permettraient à seulement 4% des 100 millions d’habitants du pays nord-africain de recevoir des doses gratuites. Ces 4% étant ceux inscrits au programme national de bien-être Solidarité et Dignité, soit un taux très bas de la population ne rassemblant même pas les plus pauvres. En effet, les autorités ont annoncé la semaine dernière qu’il faudrait débourser 12 dollars pour les deux doses de l’un des vaccins, une mesure qui va sans aucun doute dissuader les plus démunis de se faire vacciner. Le journal Middle East Eye pointe notamment les « veuves, les mères célibataires au chômage ainsi que les égyptiens âgés ou handicapés qui n’ont aucune source de revenu ». En clair, tous ceux qui n’ont pas de revenu stable mais qui ne bénéficient d’aucune couverture sociale en seront tout simplement privés. En excluant une part importante de la population, ces mesures, qui rendent un processus de vaccination inefficace, risquent fortement de provoquer une troisième vague en Égypte.

En réponse à cette annonce, un avocat égyptien a intenté une action en justice contre le président, le Premier ministre et le ministre de la Santé pour les forcer à offrir gratuitement les vaccins à la population. Middle East Eye l’a cité : "Vous ne pouvez pas forcer les gens à payer pour les vaccins qui deviennent indispensables pour l’éradication de cette maladie très dangereuse". L’avocat s’est appuyé pour sa plainte sur la loi égyptienne qui engage les gouvernements à distribuer des vaccins gratuitement en période de pandémie.

Cette lenteur dans la vaccination est loin d’être propre à l’Égypte, en effet plusieurs pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient reçoivent les vaccins Covid-19 à un rythme extrêmement lent perpétuant ainsi la pandémie du coronavirus. Cette lenteur s’explique en grande partie par les courses des pays riches devant les plus pauvres pour vacciner leur population.

De fait, comme nous l’apprend un autre article de Middle East Eye, l’expert de l’OMS Mark Ryan a déclaré que : “80 pour cent de tous les vaccins mondiaux avaient été administrés dans seulement 10 pays. » Les prévisions vaccinales n’annoncent pas un changement de pratique. Alors que l’administration Biden promet de vacciner 90% des adultes étasuniens qui seront éligibles au vaccin d’ici le 19 avril 202 les prévisions de l’OMS concernant la vaccination dans la région de la méditerranée orientale sont beaucoup moins réjouissantes puisque seuls 20% de la population pourrait être vaccinée d’ici la fin de 2021. En effet la région est très en retard car plusieurs pays n’ont toujours pas été livrés en dose de vaccin. Toujours selon Middle East Eye, alors que le pays voisin Israël a déjà vacciné près de 60% de sa population, des pays comme la Libye, la Tunisie, le Soudan ou encore le Yémen n’ont pas encore été pourvu de vaccin.

De plus, les experts mondiaux de la santé publique ont également averti à plusieurs reprises que le report des vaccins permettrait au virus de muter, ce qui pourrait rendre les vaccins actuellement en circulation inefficace, et par conséquent influer une reprise mondiale.

En pleine crise sanitaire, l’Etat Égyptien, montre une nouvelle fois son visage, incarné par le dictateur Abdel Fattah Al-Sissi, leader de la contre-révolution égyptienne de 2013. Ce même État Égyptien, responsable de milliers d’emprisonnements arbitraires, d’assassinats et de répression contre les masses et les travailleurs est allié de longue date de l’impérialisme français.

Aujourd’hui, cet État laisse peser le risque d’une troisième vague en Egypte mais laisse également la voie libre au développement d’autres variants pouvant rendre inefficace des vaccins au moins dans la région.

Un scénario qui ne pourra, en définitive, qu’être déjoué qu’en passant par l’imposition de la levée des brevets, par une transparence totale et la mise en commun des vaccins pour toutes et tous. Pour ce faire, il est indispensable d’exproprier les capitalistes et mettre sous contrôle des travailleurs et de la population les grandes firmes pharmaceutiques, seul moyen d’imposer le partage à l’échelle planétaire pour répondre aux urgences sanitaires de toute la population.




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