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Le 8 mars appel à la grève chez Orpéa : « on veut briser l’omerta et montrer la colère »

Après le scandale révélé par le livre « Les Fossoyeurs », les travailleurs et travailleuses du groupe Orpéa ont lancé un appel à la grève le 8 mars prochain, qui devrait être suivi dans plusieurs établissements en France, mais également en Belgique et en Allemagne. Au cœur des revendications : leurs conditions de travail et la préservation de résidents des Ehpad.

vendredi 25 février

Crédits photo : REUTERS/Stéphane Mahé

Ce jeudi, un communiqué de la CGT et FO des Ehpad du groupe Orpéa et de sa filiale Clinéa est sorti, avec un appel à la grève pour le 8 mars. Un rassemblement est notamment appelé à cette date devant le siège d’Orpea à Puteaux dans les Hauts-de-Seine.

Guillaume Gobet, ex-salarié du groupe et délégué syndical CGT explique au micro de Révolution Permanente que cette grève est appelée très largement : « malgré la sortie du livre, même si le scandale a fait parler de nous, rien ne change dans les établissements. Cette mobilisation le 8 mars c’est pour mettre la pression. Là, c’est entre les mains des politiciens mais rien ne change. On veut briser l’omerta et convaincre qu’il ne faut plus avoir peur et montrer réellement la colère ». Cette mobilisation dépasse même les frontières, en Belgique et en Allemagne les conditions de travail sont similaires et la colère aussi : une délégation de chacun des pays est attendu au rassemblement.

Ces conditions de travail se sont beaucoup dégradées dans le secteur ces dernières années et d’autant plus avec la pandémie. En ce qui concerne le groupe Orpéa, Guillaume Gobet nous raconte que le manque de personnel a augmenté la pénibilité au travail : « Avant il y avait ce qu’on appelait le travail ‘en mode dégradé’, c’est-à-dire lorsqu’il manquait du personnel, qu’on était en sous-effectif et que par conséquent des tâches ne se faisaient pas. Maintenant ce mode est devenu systémique, c’est notre quotidien, parce qu’il manque tout le temps du personnel. Mais ça crée des problèmes d’encadrement et de pénibilité du travail. Et tout ça fait un cercle vicieux, plus les conditions de travail sont mauvaises et les salaires bas, plus c’est difficile de recruter et les démissions augmentent… il y a donc une baisse d’effectif et des conditions de travail de plus en plus pénibles »

L’épuisement et la colère sont à l’origine de cette journée de grève pour le 8 mars, les travailleurs et travailleuses du groupe revendiquent notamment une augmentation des moyens pour une meilleurs prises en charge des personnes accueillies dans les établissements. A ces revendications s’ajoute la question de leurs conditions de travail et du salaire. Le pouvoir d’achat est posé, comme dans de nombreuses grèves actuellement. Guillaume Gobet nous indique dans ce sens que : « dans le privé, on est une des branches professionnelles les moins bien payées de France. On a 400 € de moins par rapport au salaire médian de toutes les branches. Le groupe cherche la rentabilité à tout prix, l’optimisation et ça sur le dos des salariés. Il y a une captation de l’ensemble de la richesse qui est faite par quelques-uns. »

Le syndicaliste exige également la fin des cas de discriminations syndicales : « Il y aura notamment une camarade allemande qui sera là le 8 mars. Elle est secrétaire du comité de l’établissement européen et vient de subir sa deuxième tentative de licenciement » rapporte Guillaume Gobet.

Par ailleurs il nous confie que la date de la mobilisation n’a pas été choisie au hasard, puisque c’est aussi la journée internationale de lutte pour les droits des femmes : « ce choix était important parce que dans le secteur c’est principalement des métiers ultra féminisés et certains employeurs se servent de ça pour pouvoir mettre un peu plus de pression sur le personnel. »

Le 8 mars ne sera pas la seule date appelée, les travailleurs et travailleuses du groupe se mobiliseront très certainement le 7 avril, journée nationale de la santé. Le représentant syndical ajoute : « On a une fenêtre ouverte par le rassemblement appelé pour le 8 mars. C’est pas encore gagné, il va malheureusement falloir encore batailler. Le but c’est aussi de créer un rapport de force, de conscientiser qu’il n’est pas question d’être maltraitants et que ce n’est pas possible de travailler dans de telles conditions  ».

Le 8 mars prochain, soutenons le mouvement de grève des travailleurs et des travailleuses du groupe Orpéa dans leur lutte, rendez-vous à Puteaux pour les soutenir !



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