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Politique

Régularisation pour tous les sans-papiers !

Après 24 jours, la grève de la faim continue à Calais face aux réponses hypocrites de l’État

Depuis le 11 octobre, 3 militants sont en grève contre la faim à Calais pour dénoncer le traitement inhumain des migrants par l'Etat. Face à une situation qui n'évolue pas ils ont décidé d'entamer ce mercredi 3 novembre leur 25ème journée de grève.

jeudi 4 novembre

Crédits photo : Denis Chalet / AFP

Mardi 2 novembre à 14h30, les grévistes de la faim, Anaïs Vogel, Ludovic Holbein, et Philippe Demeestère, aumônier du Secours Catholique de 73 ans ont tenu des négociations avec Didier Leschi, directeur de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, une semaine jour pour jour après leur première entrevu. Lors de cette réunion, ils sont revenus sur les propositions faites par Didier Leschi : que les migrants soient prévenus 45 minutes avant les expulsions pour ramasser leurs effets personnels, et que les migrants se voient proposer des solutions d’hébergements en dehors de Calais.

Deux propositions scandaleuses jugées à juste titre largement insatisfaisantes par les grévistes. Leurs associations se sont ensuite exprimées dans un communiqué de presse publié mardi : « Nous ne négocierons pas des propositions infaisables, illégales et hypocrites ». Dans ce communiqué, elles ont par ailleurs interpellé Emmanuel Macron : « Ces annonces sont totalement déconnectées de la réalité. Elles ne changeront rien aux traitements inhumains et dégradants que subissent chaque jour les personnes exilées à Calais ».
Face à cette situation les 3 militants ont décidé de continuer à mener la grève de la faim et entament ce mercredi leur 25ème jour. Ils visent par cet acte à dénoncer la recrudescence des politiques répressives de l’État contre les migrants lors de ces derniers mois et revendiquent : l’arrêt de la confiscation des tentes et effets personnels des migrants, l’ouverture d’un dialogue entre associations et institutions ainsi que la suspension des expulsions durant la trêve hivernale.

Un rapport de Human Rights Watch publié juste avant le début de la grève dénonçait d’ailleurs le harcèlement de l’état contre les migrants, un état qui n’hésite pas à lacérer les tentes, expulser quotidiennement ou à confisquer les biens dans une politique raciste de terreur envers les migrants.

C’est dans ce contexte que la grève de la faim a débuté, provoqué par la mort de Yasser, un jeune soudanais de 20 ans, fauché par un camion Transmarck alors qu’il tentait de monter à bord. Une manifestation s’était tenue le lendemain et avait mobilisé 200 personnes.

Si l’État prétend dialoguer avec les propositions faites par Didier Leschi, dans le même temps il continue à appliquer les expulsions en pleine trêve hivernale. Et c’est précisément là que le bât blesse, puisque la revendication de l’arrêt des expulsions pendant la trêve hivernale, était la plus importante pour les grévistes. Elle a été complètement ignorée, comme pouvait d’ailleurs en présager la rencontre précédente entre Didier Leschi et les grévistes, où ce dernier déclarait « qu’il n’y aura pas de trêve dans les mises à l’abri », un euphémisme pour signifier la continuité des expulsions, comme le rapporte le journaliste Louis Witter.

Face à cette grève de la faim de militants qui se battent pour l’humanité, l’État continue lui le pire en matière de répression, que ce soit à Calais comme à Bordeaux, montrant par là une hypocrisie et un cynisme sans bornes.

Face aux politiques criminelles et aux mensonges de l’État, il est urgent d’exiger la liberté de circulation et d’installation, la régularisation de toutes et tous, la réquisition de tous les logements vides sur le territoire français, ainsi que le partage du temps de travail, pour que toutes et tous, sans-papiers comme régularisés puissent vivre également de leur travail.




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