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Après Derichebourg, nouvelle attaque dans l’aéronautique

Quelques jours seulement après Derichebourg, c'est au tour du sous-traitant aéronautique Blanc Aéro d'envisager un Accord de Performance Collective (APC). Un dispositif qui permet, entre autres, de rogner sur les acquis sociaux sans écarter le spectre de licenciements.

mardi 23 juin

Crédits photo : La Dépêche du Midi

C’est une nouvelle attaque à l’APC qui se prépare dans l’aéronautique. Dans un communiqué daté de ce 22 juin, la CGT de Blanc Aéro, sous-traitant dans la fabrication de fixations destinées à l’industrie aéronautique et spatiale, a ainsi dévoilé que, lors des NAO, la direction de Villefranche de Rouergue dans l’Aveyron (12) « a informé les syndicats que la négociation d’un Accord de Performance Collective allait être engagée ».

Une nouvelle qui n’annonce rien qui vaille, quelques jours seulement après la signature de l’un de ces APC chez Derichebourg Aeronautics Services. Comme l’indique la CGT Blanc Aéro, « ces accords permettent aux entreprises d’amputer les droits des salariés, sans être tenues de justifier de difficultés économiques ou de s’engager sur un maintien de l’emploi. C’est un outil de chantage à l’emploi, mettant les salariés face à un choix, faire des concessions sur leurs droits ou perdre leur emploi ».

Chez Derichebourg, les conséquences de cet APC a eu pour effet concret une baisse des revenus net allant de 300 à 600€ par travailleurs, et ouvre à un possible plan de licenciements à moyen terme. Une politique ultra-agressive de la direction, appuyé directement par le délégué syndical du syndicat majoritaire FO, qui a signé des deux mains malgré le refus affiché des travailleurs, qui se sont mis en grève.

A n’en pas douter, l’expérience des travailleurs de Derichebourg livrent des enseignements précieux pour la suite du combat. L’organisation à a base, par le biais d’un collectif de salariés regroupant syndiqués et non-syndiqués, a été sans doute l’une des avancées les plus significatives de la lutte. Les limites, comme nous les mentionnons dans notre article de bilan, sont aussi source d’enseignements. Comme l’a écrit Gaëtan Gracia, militant du NPA-Révolution Permanente et syndiqué CGT aux Ateliers de la Haute Garonne, « la construction de la grève et des assemblées a commencé très tardivement, seulement 4 jours avant la signature de l’APC qui a eu lieu le 12 juin. Pourtant, dans de telles batailles, et dans la lutte de classes en général, le facteur temps a une importance décisive. Les patrons le savent, et cherchent à gagner du temps en épuisant les syndicalistes dans des négociations sans fin et dans des débats purement techniques ».

A ce titre, il est vital d’organiser la riposte contre cette nouvelle attaque labellisé APC. A ce titre, l’appel des salariés de Derichebourg à la convergence, dans le secteur aéronautique et au delà, est aussi un point d’appui progressiste. Pour se battre pour zéro licenciement et zéro baisse de salaire, parce que ce n’est pas à nous de payer la crise, la question d’une coordination de la lutte dans l’aéronautique pour éviter de se retrouver isolé dans des batailles boîtes par boites est tout autant urgente que vitale.




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