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Politique

Casse de l'hôpital public

Après avoir fermé les urgences la nuit, le CHU de Bordeaux annonce la fermeture de 600 lits cet été

La direction du CHU de Bordeaux a décidé de fermer 600 lits pour l'été. Une décision dans la droite lignée de la dégradation structurelle des services de santé par le gouvernement.

jeudi 23 juin

Crédit Photo : MEHDI FEDOUACH - AFP

Il y a un mois, le CHU de Bordeaux (hôpital Pellegrin) annonçait fermer son service d’urgence la nuit. Aujourd’hui, sa direction annonce la fermeture de 600 lits sur trois semaines au mois de juillet et d’août. Ces fermetures ne sont pas exceptionnelles. En effet, chaque année pendant la période estivale, la direction ferme des lits et des services par manque de patients. Cette année, cependant, cette annonce s’ajoute à la fermeture du service des urgences, ainsi qu’à des difficultés plus globale de l’hôpital public.
Pour France Bleu Gironde, la directrice générale adjointe du CHU, Stéphanie Fazi-Leblanc, justifie cette fermeture au nom du « bien être des soignants » : « Il faut bien laisser souffler les soignants, qu’ils partent en vacances, sans quoi le problème va s’amplifier à la rentrée », explique-t-elle. Or s’il est vrai que le personnel soignant subit une fatigue physique et psychologique importante dû à la précarisation de leur métier, justifier son bien être par la suppression de lits est une hypocrisie. La direction n’hésite d’ailleurs pas à rappeler en même temps des soignants retraités et des étudiant soignants.

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Pascal Gaubert, secrétaire Force Ouvrière au CHU s’inquiète auprès de France Bleu : « Qu’est-ce-qui va se passer s’il arrive quelque chose de grave cet été ? », pointe-t-il. Une situation qui encourage la privatisation, puisqu’il est probable que des cliniques privées surfent sur cette vague de fermeture afin d’ouvrir des lits, augmentant par là l’inégalité d’accès aux soins et restreignant celui-ci pour les personnes précaires durant l’été. D’autant plus que rien ne confirme que les 600 lits fermés durant l’été, rouvrirons à la rentrée.

Cette situation de crise de l’hôpital est le produit de la casse de l’hôpital public par les gouvernements successifs. Le manque de moyen couplé à une politique de rentabilité par les directions des hôpitaux entraînent ce type de situation que le CHU de Bordeaux n’est pas le seul à subir mais en est le plus important (deuxième CHU le plus important de France). La crise du COVID a mit en lumière les profondes défaillances du système de santé et le besoin urgent de moyens. Ainsi, fermer des lits est la solution d’un système ne cherchant pas à améliorer l’hôpital public mais à favoriser les cliniques privées. Seule une embauche massive et une revalorisation des salaires, d’autant plus dans une période où l’inflation est à la hausse précarisant encore plus des secteurs déjà en difficultés, seraient en mesure de « laisser souffler les soignants ».



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