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Politique

Le secteur Santé poussé à bout

Après avoir supprimé des lits, Marisol Touraine veut reporter des opérations pour soigner la grippe.

La grippe est une maladie récurrente qui touche en moyenne 2,5 millions de personnes chaque année en France. C’est loin d'être une situation inédite ou imprévisible. Pourtant, Marisol Touraine mine d'être prise de court. Et en guise de solution, après avoir supprimé les lits en hôpitaux et saigné les effectifs, la ministre des Affaires sociales et de la Santé propose de ... reporter des opérations jugées "non urgentes " ! Antoine Bordas

jeudi 12 janvier 2017

Les personnes âgées (+65 ans) représentent un minimum des cas (entre 5 et 11%) mais paient pourtant le plus lourd tribut avec plus de 90% des décès annuels liés à la grippe (entre 1500 et 2000 chaque année).

Tout ceci cause régulièrement un « embouteillage » aux urgences des hôpitaux publics et conduit à une augmentation de la fatigabilité au travail du personnel soignant, ceci mêlé à une précarité croissante et des emplois toujours plus dévalorisés aux yeux du public.

Ces hôpitaux, qui fonctionnent déjà en tension toute l’année peinent à supporter ce genre de pics, pourtant prévisibles.

Jeudi matin la ministre des affaires sociales et de la santé a annoncé de nouvelles mesures pour endiguer le flot continu de patients arrivant dans les hôpitaux. Notamment la suspension où le report des opérations “non-urgentes”, afin de libérer des lits supplémentaires

En effet, d’après les médecins la particularité de cette grippe est qu’elle nécessite un repos prolongé, d’où le manque de place dans les structures d’accueil.
Le « plan blanc » est un plan d’organisation du système hospitalier en cas d’afflux de patients. A l’heure actuelle trois directeurs d’établissements hospitaliers ont fait le choix de le mettre en place dans leurs services.

Le gouvernement se targue pourtant d’avoir augmenté de 2% le budget dans la santé et d’avoir été prévoyant concernant ce pic d’épidémie, mais qui est loin d’être suffisant puisque la « fréquentation » des hôpitaux a augmenté de 4%...

Il faut attendre de voir ce genre de crise sanitaire pour que l’on parle des problèmes, pourtant nous savons que le personnel soignant se sent toujours plus abandonné par la caste politique censée représenter leurs intérêts.

Les conditions de travail restent ainsi toujours plus précaires avec un personnel soignant débordé et un système de santé au bord de la rupture. Il est évident que la solution n’est pas, aujourd’hui, de reporter des opérations pour pouvoir accueillir les malades de la grippe, ou pour le dire autrement, après avoir saigné les effectifs, s’attaquer directement aux malades et les mettre à la porte de l’hôpital quand leur place se trouve sur une table d’opération ! A l’inverse, il s’agit d’augmenter le nombre de lits disponibles dans les hôpitaux, engager tous les précaires en CDI et recruter massivement du personnel afin de pouvoir s’occuper de l’ensemble des malades, et mettre un terme aux journées à rallonge pour des soins de qualités. En d’autre termes, que les personnels soignants bénéficient réellement des 35 heures et ce sans baisse de salaire et que l’ensemble des personnels non-titulaires basculés au sein de la fonction publique hospitalière en plus des embauches à réaliser.




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