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Après le décès d’un machiniste infecté, droit de retrait à Transdev pour obtenir des mesures de sécurité

Dans le bassin chellois, les conducteurs de bus de Transdev étaient en droit de retrait depuis samedi suite au décès du coronavirus d’un de leurs collègues. Ils reprennent aujourd'hui suite à un don de masques d'une municipalité, et malgré l’attitude coupable de la direction qui a dénoncé leur droit de retrait légitime.

mardi 7 avril

Vendredi 3 avril, les conducteurs de bus de Trandev - Société de Transport du Bassin Chellois ont appris le décès d’un de leurs collègues, âgé de 57ans. Face à cette nouvelle dramatique, les machinistes ont exercé leur droit de retrait à partir de samedi, dénonçant une direction qui n’a pas mis en place des mesures de protection à même de protéger les salariés face au coronavirus, alors qu’un autre conducteur est toujours en réanimation.

« Nous utilisons une seule paire de gants par personne pour toute la journée, nous n’avons aucun masque et les mesures de sécurité, faire monter les passagers par l’arrière, distance de sécurité ont été prises très tardivement. Le conducteur décédé a d’ailleurs attrapé le coronavirus avant la mise en place de ces mesures. Nous sommes très exposés et sans protection » a ainsi dénoncé un conducteur à Actu.fr.

Suite au droit de retrait, un CSE a eu lieu hier. L’intersyndicale composée de Solidaires, la CFTC et la CFE-CGC a revendiqué deux masques et deux paires de gants par jour et par personne pour reprendre, ainsi que le départ immédiat en RTT, chômage technique des conducteurs de plus de 55 ans, la désinfection des locaux de l’entreprise.

Si les conducteurs reprendront demain, ils dénoncent cependant l’attitude coupable de la direction. Interrogé par Le Parisien, Jeamel Chaibi note ainsi que « Transdev ne sort pas grandi en contestant un droit de retraite légitime après le décès d’un de nos collègues, alors qu’un autre collègue chauffeur âgé est dans le coma et qu’un troisième cas positif a été confirmé par nos chauffeurs. Nous avons dû faire pression pour obtenir des gants et mettre nous-même un système en place au début de la crise pour faire monter les passagers par l’arrière des bus. »

La lutte pour obtenir des conditions de travail dignes, qui permettent de protéger les salariés, reste d’une brûlante urgence partout où les salariés sont exposés par des directions qui privilégient souvent le maintien de l’activité sur la santé des salariés, mais aussi dans tous les secteurs non-essentiels où des travailleurs sont exposés bien souvent pour maintenir les profits des actionnaires.

En hommage à leur collègue décédé, les conducteurs avaient disposé un drapeau noir sur plusieurs bus. Une cagnotte a été créé pour soutenir la famille du conducteur.




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