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Notre classe

Le service public s’enflamme

Après les Urgences, les pompiers lancent un appel à la grève pendant tout l’été

Alors que 65 départements étaient placés hier en vigilance orange canicule, sept organisations syndicales de sapeurs pompiers ont déposé un préavis de grève pour tout l’été pour dénoncer le manque de moyens pour les pompiers et la casse du service public.

mardi 25 juin

Pendant qu’Emmanuel Macron annonçait une « mobilisation de tout le gouvernement » à propos de l’épisode de canicule qui frappe la France en ce moment, assurant que celui-ci avait été « anticipé », celles et ceux qui seront les premiers appelés au secours des personnes mises en danger par cette vague de chaleur, les pompiers, ont décidé de lancer un mouvement de grève.

Sept organisations syndicales, représentants 85 % des pompiers professionnels (c’est à dire les pompiers employés par les SDIS-Services Départementaux d’Incendie et de Secours), ont appelé à faire grève pour dénoncer le manque d’effectifs et de moyens, mais contre les faibles rémunérations et la casse de leur statut via la loi sur la réforme de la fonction publique.

Et pour cause : les services d’urgence étouffent ! En quinze ans, le nombre d’intervention a augmenté de 25 %, passant de 3,5 à 4,6 millions d’interventions par an, alors que les effectifs des pompiers professionnels n’ont pas augmenté.

Pour les syndicats, il s’agit avant tout de combattre une logique austéritaire qui s’abat sur les services publics : « notre service public de secours français est malade. Malade d’un manque d’effectif, malade d’un manque de moyens, malade de réponses inadaptées et d’une sur-sollicitation aux carences induites par les services de l’État. » expliquait André Goretti, président du premier syndicat des pompiers. « Il ne relève pas des sapeurs-pompiers de faire tout et n’importe quoi. Lorsque le Samu n’est pas en capacité de diligenter un médecin à domicile, c’est plus facile pour eux d’appuyer sur le petit bouton. Donc on arrive à domicile, les gens n’attendent pas les pompiers. Ils veulent être visités par un médecin.  »

Ce manque d’effectifs chez les pompiers est fortement lié au manque d’effectifs dans le reste du secteur médical. C’est d’ailleurs pour protester contre cette situation que du côté des urgences, près d’une centaine de services sont en grève depuis plusieurs mois, tandis qu’au mois de novembre dernier, un mouvement des ambulanciers avait paralysé de nombreux axes routiers. Autant de détresse et de colères que le gouvernement ne veut pas entendre, se cachant derrière les départements pour faire appliquer l’austérité, alors même que 80 % des pompiers sont des volontaires, qui coûtent moins à l’État !

Comme les personnels des urgences, les pompiers sont soumis à une obligation de service minimum, et devront donc intervenir pendant leur temps de grève. Ce qui ne les empêchera pas d’afficher leur grève, par des brassards notamment. A la tête des revendications on trouve une revalorisation de la « prime de feu », de l’ordre de 28%, mais aussi une embauche massive de nouveaux pompiers professionnels. Des demandes qui ressemblent, là encore, trait pour trait à celles des personnels des Urgences, dont la lutte continue après plusieurs mois de grève.

Crédit photo : archives NR, Jean-André Boutier.




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