^

Politique

#PasDeRepriseSansTestsEtMasques

Scandale sanitaire. Après les écoles, Bruno Lemaire veut rouvrir les salons de coiffure le 11 mai

Le gouvernement a annoncé en début de semaine que le déconfinement progressif de la population ainsi que la réouverture des écoles commenceraient à la date du 11 mai, sans prévoir de campagne de dépistage massif ou être en mesure de fournir tout le monde en masques efficaces. Des mesures dangereuses pour les travailleurs et leur famille qui seront d’autant plus vulnérables au virus qui d’ici un mois sera loin d’être évincé, mais favorables à l’économie selon Bruno Lemaire qui parle même de rouvrir les salons de coiffure le plus tôt possible.

vendredi 17 avril

Crédit-photo : AFP/ERIC PIERMONT

Alors que le virus perdure et que chaque jour les soignants sont envoyés au front pour sauver des vies tout en risquant la leur, et que certains métiers essentiels en ces temps de crise comme les caissières et les éboueurs continuent à tant bien que mal, faire fonctionner le pays, souvent sans gants ni masques pour se protéger, d’autres secteurs non essentiels de la production tels que le BTP ou l’aéronautique ont repris leur activité depuis déjà plusieurs semaines. Comme ceux des secteurs essentiels, ces travailleurs sont en première ligne face au virus et faute d’être correctement équipés, risquent en se rendant sur leur lieu de travail, de le contracter et de le transmettre à leur famille en rentrant chez eux. Une gestion ahurissante de la crise sanitaire qui ne permet en rien d’endiguer le virus puisque le confinement, principale mesure pour lutter contre la pandémie, n’est pas effective.

A un mois de la date de déconfinement prévue par le gouvernement, des milliers de travailleurs sont forcés de se rendre sur leur lieu de travail où beaucoup contractent et véhiculent le virus pendant que dans les hôpitaux, des centaines de malades meurent chaque jour des complications du covid-19. C’est dans ce contexte désastreux que la réouverture des écoles a été décidée, non pas pour lutter contre les inégalités comme l’annonçait Emmanuel Macron dans son allocution ce lundi mais bien pour permettre à tous les parents de retourner au travail et faire fonctionner la machine productive, malgré le risque imminent d’une deuxième vague de contamination.

Seulement le sort des travailleurs ne semble pas inquiéter le gouvernement dont la priorité se trouve ailleurs. En début de semaine, Bruno Lemaire s’entretenait avec le gouverneur de la banque de France et les représentants des organisations patronales et de l’industrie devant les caméras de BFMTV pour un reportage « En confinement avec Bruno Lemaire » et annonçait qu’il était « indispensable de reprendre l’activité au risque de « laisser un champ de ruines derrière nous ». Selon le ministre de l’Economie et des Finances, il faut sauver la France de la faillite et pour ce faire, l’activité économique doit reprendre le plus tôt possible.

« Il faut reprendre l’activité si on ne veut pas laisser un champ de ruines derrière nous » leur explique le ministre lors d’une visioconférence. S’il admet que les conditions sanitaires doivent suivre, il insiste surtout sur le caractère urgent à ses yeux du retour à leur poste des travailleurs. « Mais on ne peut pas s’arrêter pendant des mois et mois, sinon le remède sera pire que le mal ».

Lors de ce même reportage à la gloire du ministre, présenté comme le sauveur de l’économie française, où ce dernier annonce implicitement que des centaines de milliers de travailleurs seront forcés de sacrifier leur santé au nom des intérêts du patronat et de la finance dès le 11 mai, qu’il envisage sérieusement la réouverture à cette même date, des salons de coiffure. « Je pense qu’il y a des millions de Français qui aimeraient bien pouvoir aller chez le coiffeur assez rapidement » déclare-t-il l’air de rien.

Des propos absolument aberrants au vue de la situation qui prouvent la volonté du gouvernement de relancer à tout prix la machine économique au détriment de la vie des travailleurs. Il paraît évident que les mesures de sécurité et de distanciation sociale, pourtant nécessaires à l’endiguement du virus et donc à la bonne santé de la population toute entière sont un frein à la remise en route de l’économie que souhaite tant Bruno Lemaire. Ce dernier ne semble pas avoir peur du ridicule en annonçant publiquement, et faisant même un trait d’humour concernant les « coupes faites maison » pas toujours réussies, que les salons de coiffure seront ouverts en priorité pour le confort des Français.

Pourtant une telle mesure, aussi absurde soit-elle ne semble profiter qu’à l’économie puisque la réouverture des salons de coiffure serait la porte ouverte à la réouverture de tous les secteurs et la reprise de tous les corps de métier. Ce que les Français attendent du gouvernement dans un contexte de pandémie mondiale, ce n’est pas la réouverture des salons de coiffure ni des instituts de beauté mais bien la mise en place de mesures pour lutter efficacement contre le virus, comme une campagne de dépistage massif qui doit nécessairement accompagner la logique de déconfinement progressif.




Mots-clés

Salons de coiffure   /    Covid-19   /    Coronavirus   /    Bruno Le Maire   /    Politique