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Politique

Après les masques et les tests, le scandale des lits de réanimation

Un nouveau scandale s'ajoute à la gestion catastrophique de la crise sanitaire, celui du manque de lits de réanimations dans les hôpitaux. Les promesses, martelées depuis juin par le ministre de la santé, d'un « hôpital plus solide » disposant d'un potentiel de 12 000 lits de réanimation sont aujourd'hui bien loin de la réalité, à l'heure ou la seconde vague de l'épidémie s'annonce plus violente que la première.

lundi 2 novembre

AFP/JOEL SAGET

Au début d’un second confinement made in Medef décidé en catastrophe par le gouvernement, les prévisions sont plus qu’inquiétante. Les estimations de l’Institut Pasteur tablent sur 9000 lits de réanimation occupés par des patients Covid-19 d’ici au 11 novembre prochain alors même que la capacité « normale » des hôpitaux français s’élève à seulement 5800 lits.

Au 27 octobre les hôpitaux français avaient rehaussé leur capacité d’accueil à seulement 6 373 places en réanimation. Actuellement c’est plus de 400 malades du coronavirus en état grave qui sont admis chaque jour en réanimation et au dimanche 1er novembre, le taux d’occupation s’élevait à 70,6% des capacités. Une dynamique très inquiétante qui n’a pas du tout été anticipé de façon suffisante par le gouvernement.

Si Olivier Véran s’était vanté le 11 octobre d’avoir « des équipements de protection, des respirateurs, des stocks de médicaments pour faire face à une vague plus haute que la première » ce qui risque de manquer cruellement pour les prochaines semaines c’est surtout le personnel hospitalier qualifié. Et ce d’autant plus que les cas de réanimation Covid demande plus de moyens que les cas de réanimation classiques, soit une infirmière pour 2 patients.

D’après le ministère de la Santé, il faut 7.200 à 9.000 infirmières supplémentaires à temps plein et 4.500 aides-soignantes pour arriver à faire fonctionner 8000 lits de réanimation. Si le gouvernement affirme avoir déjà formé 7000 infirmiers et médecins de plus pour la réanimation et en prévoit 1500 de plus d’ici le 31 décembre, la formation de ces derniers (seulement quatorze heures) apparaît comme démesurée face au travail en réanimation qui demande une maîtrise de nombreux gestes très techniques comme celui d’intuber un patient.

C’est donc un premier bilan scandaleux qui laisse présager d’énormes difficultés pour l’hôpital, ou les soignants savent d’ores et déjà qu’ils devront choisir entre un travail bâclé ou la non-assistance à personne en danger. Si les alertes sur l’imminence d’une seconde vague ne sont pas récentes, le gouvernement a pourtant continué d’appliquer l’austérité au service public hospitalier comme en témoigne la mascarade du Ségur de la Santé.
Nous sommes face à un gouvernement qui privilégie les mesures répressives, à l’image du confinement, plutôt qu’un réel plan d’investissement à la hauteur de la crise Aujourd’hui pour réellement combattre le virus, il faut combattre ce gouvernement. Il est nécessaire d’imposer, par la mobilisation un plan d’urgence pour la santé publique. Un plan d’urgence qui soit pris en charge par les personnels de la santé, en commençant par la nationalisation sous contrôle des travailleurs de l’ensemble du système de santé, laboratoires compris. Cette perspective doit être d’ensemble, pour ne pas laisser les patrons poursuivre leur profit pendant que les travailleurs se contaminent dans les usines, pour ne pas laisser le système d’enseignement devenir les garderies de ces mêmes patrons ou encore ne pas laisser les universités fermer permettant une sélection sociale déguisée.




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