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Notre classe

Interdiction des licenciements !

Après un chiffre d’affaires de 469,8 milliards de dollars en 2021, Amazon licencie 18 000 salariés

Amazon avait déjà annoncé un plan de licenciement massif, dont le nombre s'élevait déjà à 10 000 ; il vient quasiment de doubler. Une décision justifiée par « l'incertitude économique », alors que le groupe a fait 469,8 milliards de dollars de chiffres d'affaires en 2021.

jeudi 5 janvier

Crédits photo : REUTERS / ABSHISHEK N. CHINNAPPA

En novembre dernier, le géant du tech Amazon révélait un plan massif de licenciement. Son plan est revu à la hausse, portant le nombre de licenciement à 18 000. Dans un message publié mercredi soir sur le site du groupe, le directeur général d’Amazon Andy Jassy précise qu’il a communiqué sur ce chiffre rapidement parce qu’un employé les a fait « fuiter ». Le dirigeant indique que les salariés touchés seront en Europe, et seront contactés par la société le 18 janvier.

Ce choix est justifié par la « mauvaise phase » que traverse Amazon. « L’examen de notre planification annuelle […] a été plus difficile cette année compte tenu de l’incertitude économique et du fait que nous avons embauché massivement au cours des dernières années », justifie la plateforme. « Amazon a résisté à des économies incertaines et difficiles dans le passé, et nous continuerons à le faire », nous annonce le milliardaire Jeff Bezos, dont la fortune personnelle dépasse les 180 milliards d’euros.

Il poursuit « ces changements nous aideront à poursuivre nos opportunités à long terme avec une structure de coûts plus solide […]. Les entreprises qui durent longtemps passent par différentes phases. Elles ne sont pas en mode d’expansion massive de personnel chaque année. » En réalité, si le bénéfice net du groupe a baissé de 9% sur un an au troisième trimestre, son chiffre d’affaires atteint malgré tout le chiffre exorbitant de 127,1 milliards de dollars. En 2021, le groupe avait réalisé un chiffre d’affaires de 469,8 milliards de dollars.

Aujourd’hui, le groupe prend le prétexte de la baisse de son bénéfice en 2022 pour justifier son plus grand plan de licenciement jamais vu dans son histoire. Et ce n’est pas la première fois que l’entreprise piétine la vie de ses salariés pour le bien-être de son porte-feuille. Plusieurs fois, l’entreprise a été épinglée pour les traitements inhumains infligés à ses employés, comme le fait de forcer les employés de faire leurs besoins dans des bouteilles. En mars 2021, Amazon s’était encore illustré dans son indécente course au profit. Alors que certains dépôts se trouvaient sur la trajectoire de tornades, l’entreprise avait maintenu le travail, provoquant la mort de 6 travailleurs dans le comté de Madison.

En 2020, le patron d’Amazon enregistrait un gain de 716 000 euros en 5,56 secondes, soit l’équivalent de l’ensemble des salaires touchés par un travailleur qui toucherait 1 500 euros par mois. Cette surexploitation a été particulièrement visible lorsque Amazon enregistrait des profits records à la sortie de la crise du Covid. Plus généralement, c’est l’ensemble du patronat qui se gave. Si l’on se regarde les dividendes versés aux actionnaires des entreprises du CAC40, ceux-ci ont atteint un montant record de 57,5 milliards d’euros en 2021.

Face aux offensives des profiteurs de crise, il faut interdire les licenciements. En France, main dans la main avec le patronat qui licencie à tour de bras, le gouvernement se prépare à une autre offensive, celui de la réforme des retraites. Une attaque où l’ensemble des organisations politiques et syndicales du mouvement ouvrier doivent construire un rapport de force à même de rejeter en bloc la réforme.



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