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Politique

Marche contre les violences policières

Argenteuil. Succès de la marche pour Sébastien qui a eu la main arrachée par une grenade GLI-F4

Ce mercredi soir près d'un millier de personnes se sont rassemblées dans le centre-ville d'Argenteuil pour une marche très déterminée et chargée d'émotion en hommage à tous les blessés du mouvement des Gilets Jaunes, à commencer par Sébastien Maillet, blessé ce samedi lors de l'acte XIII. Atteint par une Grenade GLI-F4, ce dernier a eu la main arrachée. A l'appel des Gilets Jaunes du Val d'Oise, des collectifs Vérité et justice pour Ali Ziri et d’Argenteuil-Stop-Violences-Policières, la marche avait clairement un caractère de convergence entre quartiers populaires et Gilets Jaunes.

jeudi 14 février

La soirée a débuté par une conférence de presse de plusieurs blessés, où était notamment présent l’une des figures du mouvement, Jérôme Rodrigues. Ce dernier a définitivement perdu l’usage de son œil droit après avoir un reçu un projectile sur la place de la Bastille lors de l’acte XI. Alors qu’il annonçait la perte définitive de son œil le jour même, l’IGPN annonçait que le sang présent sur la balle de LBD n’était pas le sien, niant la responsabilité policière. Se sont notamment exprimés au cours de la conférence le père de Sébastien, Bernard Maillet, ainsi que sa sœur, Sandra : « Je suis en colère contre ce qui se passe, je voudrais que toute cette violence s’arrête, qu’il n’y ait plus de telles armes utilisées. Malheureusement, il y aura d’autres yeux, d’autres mains ». Se sont aussi exprimés les représentants des collectifs co-organisateurs et les blessés présents, comme Franck Didron : « J’ai perdu mon œil le 1er décembre […] Le GLI-F4, comme les LBD 40, c’est une arme de guerre. Ils vont continuer à mutiler des gens, c’est scandaleux ».

La marche est ensuite partie de la gare en direction de la mairie. Les blessés, accompagnés de leurs familles ont pris la tête du cortège, derrière une banderole appelant à l’arrêt de toutes les formes de violences policières et à l’interdiction des grenades GLI-F4 et des LBD 40.

Un cortège particulièrement combatif et déterminé qui a sillonné les rues de la ville au son de nombreux slogans comme "Sébastien on n’oublie pas, on pardonne pas", ou encore "Pas de justice, pas de paix". Les manifestants ont aussi exprimé leur soutien à Christophe Dettinger, jugé au moment même au TGI de Paris : « Castaner en prison, Christophe à la maison ! ».

Les manifestants se sont arrêtés une première fois devant l’hôtel de ville pour un moment très émouvant où a été lue une lettre de la fille de Zineb Redouane, cette retraitée marseillaise décédée après avoir reçu une grenade lacrymogène dans son appartement du quatrième étage alors qu’elle tentait de fermer les volets pour se protéger des gaz.

La marche s’est ensuite achevée devant la permanence de Fiona Lazaar, députée LREM qui a voté en faveur de la "Loi anti-casseurs". Plusieurs blessés dont le père et la sœur de Sébastien Maillet ont alors pris la parole pour remercier les participants et encourager les Gilets Jaunes à poursuivre la lutte.

Les collectifs co-organisateurs Argenteuil-Stop-Violences-Policières et Vérité et justice pour Ali Ziri ont donné à cette marche un caractère très fort de convergence entre violences policières dans les quartiers et violences policières dans les manifestations de Gilets Jaunes. Durant la marche, ont ainsi été scandés les noms des mutilés Gilets Jaunes, mais aussi ceux des victimes des violences policières dans les quartiers, comme Adama Traoré, Ali Ziri et tant d’autres. Une convergence qui montre l’exemple de ce qui est aujourd’hui nécessaire, avec les quartiers populaires mais aussi les travailleurs et les étudiants, tant la violence d’État touche toutes les couches populaires.

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