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Du Pain et des Roses

Droit à l'avortement

Argentine : la lutte continue. Une province suspend l’application de la loi IVG

Un peu moins d’un mois après la victoire sur la légalisation de l’avortement en Argentine, une juge de la province du Chaco a ordonné la suspension de l’application de la loi. Une mesure qui montre le jusqu’au-boutisme de ceux qui s’opposent au droit de décider.

vendredi 29 janvier

Crédit photo : AFP

Les anti-droits à l’avortement ne perdent pas de temps et se mobilisent pour continuer à bloquer le droit de milliers de femmes à l’interruption volontaire de grossesse. Malgré l’adoption de la loi d’IVG en décembre dernier, ce jeudi, une juge proche del’Eglise a approuvé la demande de six militants anti-droits de suspendre la loi dans la province du Chaco.

Ces six militants opposés au droit des femmes à décider pour leur propre corps ont déposé une demande pour que la justice ordonne l’annulation sur tout le territoire du Chaco de la loi nationale qui légalise l’accès à l’IVG. La juge qui a donné suite à cette demande a souligné que l’article 15 de la constitution de la province du Chaco garantit le droit « à la vie et à la liberté, dès la conception » et qu’elle est donc incompatible avec la loi votée nationalement.

le droit à l’IVG viole effectivement la Constitution provinciale. Mais en réalité, il y a peu de chances que cette suspension soit appliquée, car elle a été remise en question par des représentants du mouvement des femmes, mais aussi par des experts juridiques, qui ont convenu que l’autorité chargée de faire appliquer la loi est le pouvoir exécutif national et non provincial. Par conséquent, ni la justice provinciale, ni le gouvernement local n’ont la capacité juridique de faire obstacle à son application.

Si cette attaque est la première à recevoir une réponse favorable, Chaco n’est pas la première province argentine à vouloir bloquer l’accès à ce droit. La semaine dernière, un appel collectif dirigé par un sénateur anti-droits a été déposé dans le cadre d’une action en justice contre le protocole d’interruption légale de grossesse à Salta. Cependant, la suspension de la loi dans la province a été rejetée sur la base du principe de la division des pouvoirs.

Mais si cet appel a été rejeté à Salta, la vérité est que l’accès à l’avortement, en particulier dans cette province, va être vraiment difficile pour les femmes qui en ont besoin, en raison de la clause de conscience. Seulement 19 médecins garantiront le droit à l’avortement dans les hôpitaux publics de la province. Pour mettre le problème en perspective, dans la seule ville de Salta, où l’on compte plus de 300 000 personnes ayant la capacité de gestation, il n’y a que trois gynécologues qui ne se déclarent pas objecteurs de conscience.

En outre, il est important de mentionner que la procédure visant à garantir l’application de la loi suppose également la couverture à 100 % des frais par les organismes de sécurité sociale. Cependant, dans certaines provinces comme Salta et Misiones, les obstacles se multiplient, avec plus de 70 % du personnel de santé se déclarant objecteurs, et un nombre important d’institutions payantes qui rassemblent des équipes médicales, évaluent la mise en œuvre ou attendent la publication d’un protocole.

Cela nous montre que les groupes anti-droits ne cesseront pas de s’attaquer aux avancées et aux conquêtes du mouvement des femmes et qu’il est plus que nécessaire de s’organiser indépendamment des institutions qui les protègent pour non seulement défendre les droits déjà acquis mais aussi pour avancer avec notre lutte et mettre fin à ce système qui nous exploite et nous opprime.

Cette suspension a été appliquée en tant que mesure provisoire jusqu’à ce que l’on analyse et résolve la question de savoir si




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