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Société

Arnaud Lagardère, Hélène L. Bouygues… Ces millionnaires qui se font vacciner avant les soignants

L'Hôpital américain de Paris, établissement privé franco-américain situé à Neuilly-sur-Seine, vaccine ses “gouverneurs”millionnaires au détriment du personnel hospitalier exposé sur le terrain. Un véritable scandale qui illustre la gestion capitaliste et inégalitaire de la vaccination.

mercredi 10 février

Crédit photo : AFP

Selon France Info l’Hôpital américain de Paris aurait procédé à la vaccination de membres de son “Board of Governors”, expression pompeuse pour désigner le conseil d’administration, composé de diplomates, banquiers, anciens ministres ou encore dirigeants de grandes multinationales. La direction se défend en affirmant que ces personnalités seraient “éligibles” à la vaccination, alors que nombre d’entre elles sont en dessous de l’âge indiqué comme prioritaire pour la vaccination par le gouvernement. Arnaud Lagardère, millionnaire de 59 ans, directeur du groupe Lagardère qui détient de nombreux médias (Europe 1, Le Journal du Dimanche etc), fait ainsi partie de cette liste VIP.

Des sources auraient également rapportées qu’en plus de ces membres du conseil de l’administration, d’importants donateurs et membres de leurs familles auraient été invités à être vaccinés avec les premières doses de vaccins Pfizer fournies par l’ARS (Agence Régionale de la Santé) d’Ile-de-France. Celles-ci étaient censées être destinées aux personnels soignants et non soignants âgés de 50 ans et plus, ou présentant des comorbidités. Plus scandaleux encore, ces vaccinations ont débuté dès le 14 janvier, soit quatre jours avant le lancement officiel de la campagne de vaccination pour les plus de 75 ans et les personnes atteintes de pathologies.

Mais cette affaire révélée par France Info est pourtant loin d’être un cas isolé. Interrogés par le média, un syndicaliste CFDT rapporte de manière anonyme que d’autres établissements organisent des vaccinations dites “coupe-files” : "Dès le début de la campagne nationale de vaccination, des collègues en clinique m’ont évoqué des injections coupe-files pour contourner la pénurie ou l’incertitude d’un rendez-vous dans un centre de vaccination. Une collègue d’une clinique parisienne a vu un médecin, sa femme et ses deux enfants vaccinés de la sorte."

Ce fonctionnement n’est pas une “dérive” : elle fait partie intégrante de la logique capitaliste, dont la priorité est de protéger les profits et les patrons. Loin des beaux discours sur la soi-disante volonté de “répartition équitable des vaccins”, la phase actuelle de la pandémie est marquée par une véritable course des pays les plus riches pour s’accaparer le plus de doses de vaccins possible : l’Union Européenne a ainsi réservé près de 2,6 milliards de doses pour 600 millions d’habitants . A cela s’ajoute les contrats secrets et la propriété privé des brevets bénéficiant aux grands groupes pharmaceutiques qui condamnent la production et la distribution de vaccins à servir les intérêts des capitalistes, et non ceux de la majorité de la population.

Cette pratique est d’autant plus honteuse, quand on sait que la pénurie de vaccins menace la vie de millions de personnes en Europe et à travers le monde. En effet, les grands groupes pharmaceutiques sont aujourd’hui largement défaillant ne parviennent pas aujourd’hui à assurer leur tâche fondamental de produire et d’acheminer des vaccins en quantité et qualité suffisante. Cette pénurie s’expliquant principalement par la logique de concurrence capitaliste entre entreprise pharmaceutique (dont les brevets sont l’expression) et entre Etats capitalistes. Les principaux pays impérialistes se sont accaparés la majeur partie des stocks de vaccins, laissant les pays du Sud sans vaccin. Dans certains pays semi-coloniaux il faudra attendre 2024 pour avoir accès aux vaccins.

Imposons une production des vaccins gérées par les travailleuses et travailleurs !

Face à cette gestion catastrophique de la crise sanitaire par les capitalistes qui depuis le début n’hésitent pas à sacrifier nos vies, il est plus que jamais nécéssaire de s’organiser et lutter pour une abolition des brevets et une expropriation des grands groupes pharmaceutiques. Ces structures doivent être sous le contrôle des travailleuses et travailleurs, les plus compétents pour gérer la production de vaccins dans l’intérêts de toutes et tous.

Il est impérieux que des moyens massifs soient investis dans la recherche et dans la santé. A rebours total de la politique actuelle des capitalistes qui licencient et baissent les budgets alloués à la recherche pour faire toujours plus de profits. C’est le cas à Sanofi, où en pleine crise sanitaire, le groupe a décidé de supprimer 400 postes dans la recherche.

Mais ces mesures ne pourront s’appliquer que par l’auto-organisation et la lutte des travailleurs de la santé et de tous les secteurs du mouvement ouvrier.




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