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Politique

Assa Traoré en conférence de presse : « Bien évidemment on sera là » le 16 juin aux côtés des soignants

Ce samedi, ce sont les familles des victimes qui ont ouvert la manifestation contre les violences policières et le racisme d’État. Lors de la conférence de presse publique, Assa Traoré a notamment annoncé qu'elle sera « bien évidemment là » pour la mobilisation du 16 juin au côté des soignants.

samedi 13 juin

Photo : Révolution Permanente

En amont de la manifestation contre les violences policières et le racisme d’État, appelée par le Comité Adama, une conférence de presse publique s’est tenue place de la République à Paris. À cette occasion, les familles des victimes de violences policières ont pu s’exprimer sur leur expérience des institutions racistes et sur leur combat pour la justice et la vérité. Les prises de parole ont ouvert une mobilisation combative, portée par les personnes concernées elles-mêmes dans une perspective politique de lutte indépendante de l’État et de ses institutions, tranchant avec le rassemblement organisé la semaine précédente par un ensemble des organisations allant de la FI au PS.

 ? CONFERENCE DE PRESSE. En direct de Republique a Paris, le Comite Adama s'exprime avant la manifestation contre les violences policières et le racisme d'État à Paris.

Publiée par Révolution Permanente sur Samedi 13 juin 2020

C’est le Comité Adama, à l’initiative des mobilisations antiracistes qui rythment l’actualité depuis le 2 juin dernier en France, qui a ouvert la conférence devant des médias venus en nombre pour couvrir un sujet devenu central sur la scène internationale suite au meurtre de George Floyd. Assa Traoré, figure emblématique du combat antiraciste en France, a rappelé que cette prise de conscience internationale a été imposée par la lutte, grâce aux organisations telles que le Comité qui dénoncent le déni de justice, les violences policières, sociales et raciales. Elle a souligné que le fait que le gouvernement français ait finalement reconnu l’existence d’un problème de racisme au sein de la police après des années de déni systématique constitue une victoire partielle, qui n’a pas été donnée mais bien arrachée par une mobilisation de masse. Si les politiciens sont obligés d’admettre aujourd’hui qu’il existe « des policiers racistes », c’est un véritable point d’appui pour dévoiler que le problème ne se cantonne pas à quelques « brebis galeuses » et s’attaquer au racisme structurel de l’État français. De même, l’interdiction de la clé d’étranglement annoncée par Castaner est le fruit d’un travail de longue haleine réalisé par le MIB, et cette mesure ultra-minimale déjà remise en cause par des manifestations de policiers est loin d’être satisfaisante étant donné son insuffisance et l’impunité policière qui continue de régner du fait d’un racisme profondément ancré dans les institutions. « Cette machine de guerre, on la renversera », a affirmé Assa.

Dans une seconde partie, le Comité a rappelé que le combat « Justice pour Adama » est un combat pour les autres victimes de violences policières, mais aussi un combat pour toutes et tous. Face aux meurtres et aux violences policières, quelles qu’en soit les victimes, « personne ne doit rester spectateur », a lancé Assa, acclamée par la foule.

Interrogée par Révolution Permanente quant à la participation du Comité à la mobilisation du 16 juin appelée par les soignant·es, Assa a répondu présente : « On a créé des alliances, avec les femmes de ménage, avec les GJ, avec les soignants… […] Bien évidemment on sera là.. Une annonce largement acclamée par la foule ! Youcef Brakni a appuyé cette question de la convergence de la lutte antiraciste avec les luttes du monde du travail en rappelant l’intervention du Comité dans le mouvement des Gilets Jaunes dès ses débuts : « Quand on rejoint les Gilets Jaunes, c’est pas pour se diluer dans un tout, c’était pour affirmer des spécificités de ce qu’on vivait depuis des années. Et je pense que notre travail a payé, puisqu’on a sensibilisé les Gilets Jaunes sur la question des violences policières. On les a prévenu que ça ne sert à rien de parler à des policiers individuellement lors des marches, de les inviter à nous rejoindre. Les policiers sont au service d’un système, c’est un système qui tue aujourd’hui ». Il faut d’ailleurs souligner que ce sont bien souvent celles et ceux qui subissent le racisme et les discriminations au quotidien, les habitants des quartiers populaires, qui ont été en « première ligne » face à l’épidémie de Covid-19, travailleurs des hôpitaux, des supermarchés, et qui subissent de plein fouet la crise sociale et économique.

Il s’agit donc là d’une bonne et importante nouvelle, qui confirme la perspective d’une convergence, et donc d’une radicalisation, entre le mouvement des travailleuses et travailleurs de la santé précaires et souvent racisé·es, avec le mouvement antiraciste rassemblant des millions de jeunes contre les violences policières et le racisme d’État à l’échelle internationale. C’est tout un système d’exploitation et d’oppression, dirigé par une classe qui voudrait nous faire payer sa propre crise, qui pourrait alors être remis en question à une large échelle.




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