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Macron t'es foutu

Assas, Dauphine, Lyon 3. Des mobilisations inédites dans plusieurs universités « d’élite »

Ce jeudi 23 mars, des mobilisations inédites ont fleuri dans les universités françaises réputées élitistes. Assas, Dauphine ou encore Lyon 3 ont organisé des blocages de leurs facs pour rejoindre les rangs des manifestations.

Benoit Barnett

24 mars 2023

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Assas, Dauphine, Lyon 3. Des mobilisations inédites dans plusieurs universités « d'élite »

Crédits photo : Géraud D

Ce 23 mars a marqué un saut dans la mobilisation de la jeunesse contre la réforme des retraites et particulièrement dans la détestation du régime de Macron et son utilisation du 49.3. Plusieurs villes ont vu défiler des cortèges massifs composés de la jeunesse étudiante et lycéenne comme Paris, Toulouse ou encore Rennes. L’étincelle qui a enflammé la jeunesse s’est propagée dans des lieux inédits.

Dès le matin, les étudiants de droit de l’université Panthéon-Assas, fac réputée comme « la plus conservatrice de France », ont organisés le blocage « historique » de leur fac. Après avoir installé la barricade de poubelle devant l’entrée, les quelques 80 étudiants se sont postés à côté d’une banderole « Assas la rouge » et un appel à la grève générale. Selon les étudiants, l’élément déclencheur a été le discours fait par Macron la veille de la mobilisation perçu comme « hautain ».

Un des étudiants explique que le blocage a été décidé pour « se libérer du temps pour aller en manifestation » et « d’un point de vue très symbolique, montrer qu’à Assas, on a réussi à organiser assez d’étudiants en colère alors que ça n’avait jamais été fait depuis une quarantaine d’année. »

Très conscient du statut particulier détenu par Assas dans la méritocratie française, ces étudiants se mobilisent pour les métiers pénibles touchés par une réforme qu’ils qualifient d’eux-même comme « injuste et injustifiée ». Pour eux « la plupart des étudiants d’Assas auront des métiers confortables. Si on se révolte, ce n’est pas pour nous, c’est pour ceux qui ramassent les poubelles, qui construisent les bâtiments… ».

Toujours sur Paris, l’université Paris Dauphine, habituellement peu mobilisée, s’est elle-aussi embrasée face à l’annonce du 49.3. Selon une des étudiantes, Ariane, président de l’association « Dauphine Ensemble », « ça a été le point de bascule ». Après une assemblée générale, les étudiants ont décidé d’un blocage pour la journée du 23 mars. La réaction de l’administration ne s’est pas fait attendre, une fermeture administrative a été décrété ainsi que le passage des cours en distanciel pour empêcher toute organisation politique des étudiants au sein de la faculté. Point s’en faut, les étudiants se sont donné rendez-vous à Bastille pour rejoindre la manifestation parisienne.

À Lyon cette fois, l’université Lyon 3 a, elle aussi, été fermée administrativement par sa présidence. Historiquement à droite, l’université a connu sa dernière mobilisation en 1984 contre la loi Savary, mobilisation lancée par des syndicats étudiants de droite ainsi que le GUD. Le paysage politique de cette université se radicalise avec un climat anti-réforme des retraites présent dans les discussions des étudiants depuis plusieurs semaines. L’Ecole Normale Supérieure de Lyon, autre fac élitiste, a vu ses cours annulés après le blocage de l’accès à ses deux sites par les étudiants.

Si 3,5 millions de personnes ont défilé dans les rues ce jeudi, un élément essentiel de la journée est la jeunesse des cortèges, qui témoigne de l’entrée du mouvement étudiant dans la bataille. Le blocage de plusieurs facs et lycées dits d’élite sont des symptômes de la profondeur de cette dynamique. Alors que les AG se multiplient dans de nombreuses facs, l’enjeu décisif réside dans la massification et dans l’ancrage dans la durée de cette dynamique, mais également dans le lien que la jeunesse saura développer avec les différents secteurs du monde du travail. Une perspective qu’a incarné ce vendredi la mobilisation de nombreux étudiants avec des travailleurs de différents secteurs du réseau pour la grève générale contre les réquisitions sur la raffinerie de Normandie.


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