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Politique

Communiqué

Assassinat de trois militant·e·s à Paris, répression des mobilisations : solidarité avec le peuple kurde !

Alors que ce vendredi un attentat d'extrême-droite visant le centre culturel kurde Ahmet-Kaya à Paris a tué trois militant·e·s kurdes, l'Etat français réprime depuis hier les mobilisations de la communauté kurde. Communiqué de Révolution Permanente.

dimanche 25 décembre 2022

Crédits photo : AFP

Ce vendredi 23 décembre à Paris, un attentat d’extrême-droite visant le centre culturel kurde Ahmet-Kaya à Paris a fait trois morts et plusieurs blessés dans la communauté kurde. Parmi les victimes, Evîn Goyî, dirigeante du Mouvement des Femmes Kurdes, Mîr Perwer, chanteur et militant kurde, et Abdullah Kizil, militant kurde.

Suite au choc de l’attaque, de nombreux membres de la communauté kurde, des connaissances des victimes et leurs soutiens se sont rassemblés rue d’Enghien, où a eu lieu l’attentat. Gérald Darmanin, qui s’était rendu plus tôt sur place pour qualifier l’attentat de « fusillade », alors que le tireur a fait feu sur des personnes désarmées, a répondu à cette mobilisation spontanée par une répression brutale et une pluie de gaz lacrymogènes.

Ce samedi 24 décembre, l’offensive s’est poursuivie à Marseille et à Paris, alors que des milliers de personnes se retrouvaient à l’appel d’organisations de la communauté kurde pour manifester contre l’extrême droite, exiger que la lumière soit faite sur l’attentat mais aussi marquer leur indignation face à la répression de la veille. Place de la République, d’importants contingents de CRS et BRAV-M ont empêché la manifestation d’avancer, l’inondant de gaz et en la chargeant.

En réponse, les manifestants ont scandé « Erdogan Assassin, Macron complice » et exprimé leur colère dans la rue. Celle-ci est entièrement légitime, alors que l’attaque de vendredi a lieu à quelques jours de la commémoration de l’assassinat de trois militantes kurdes en janvier 2013, probablement commandité par les services secrets turcs, que le régime d’Erdogan bombarde ces dernières semaines le Rojava dans le cadre de son opération « Griffe épée », et que l’Union Européenne et la France continuent d’être complices, considérant le PKK comme une organisation terroriste.

La répression des familles endeuillées n’est qu’une nouvelle illustration de cette complicité, et du fait qu’il n’y a rien à attendre de Macron et sa clique pour mettre fin à l’oppression du peuple kurde. D’autant que ce crime raciste vient s’ajouter à une longue liste d’intimidations, d’agressions et de meurtres racistes menés par l’extrême-droite et par les forces de police et légitimés au plus haut-niveau de l’État par la politique du gouvernement.

Révolution Permanente apporte toute sa solidarité aux proches des victimes et à la communauté kurde et partage sa colère légitime face à cet assassinat et à la répression qu’elle subit. La lumière doit être faite sur les responsabilités et éventuels commanditaires de cet attentat. Nous exigeons le retrait du Parti des travailleurs du Kurdistan de la liste des organisations terroristes de l’Union Européenne et réaffirmons notre plein soutien à la lutte pour le droit à l’autodétermination du peuple kurde.



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