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Assassinats de Nice : une nouvelle fois l’horreur, trois personnes tuées au couteau

Dans une France qui se prépare à être confinée, l’horreur vient une nouvelle fois de frapper. Un homme s’est introduit dans une basilique à Nice et y a tué au couteau trois fidèles. Pour l’heure, il semblerait que ces assassinats aient été commis au nom des idées djihadistes. Nous condamnons avec force ces assassinats et exprimons notre solidarité avec les victimes, leurs familles et leurs proches.

jeudi 29 octobre

Crédits photo : VALERY HACHE / AFP

Ce matin, à Nice, dans la basilique Notre-Dame de l’Assomption, un homme armé d’un couteau s’est introduit dans le lieu de culte et s’en est pris aux fidèles présents pour se recueillir. Trois victimes sont à déplorer. Blessé par balles suite à l’intervention de la police, l’auteur de l’assassinat a été transporté à l’hôpital. Comme le relate le communiqué du NPA, au vu des informations disponibles, il semble que ces assassinats aient été commis au nom des mortifères idées djihadistes.

Nous condamnons avec force ce crime odieux, et tenons à apporter notre solidarité et nos condoléances aux familles et aux proches des victimes. Nous combattons et combattrons toujours les idées réactionnaires au nom desquelles les djihadistes sèment la mort et la terreur.

Une enquête pour « assassinat et tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle » a été ouverte et le Parquet national antiterroriste a été saisi. La ville de Nice avait déjà été frappée par la violence terroriste islamiste le 14 juillet 2016, lors d’une terrible attaque à la voiture bélier qui avait causé la mort de 86 personnes.

Le Premier ministre Jean Castex a annoncé que le plan vigipirate est désormais porté « au niveau urgence attentat sur l’ensemble du territoire national  », soit le niveau le plus élevé. Il a également indiqué qu’Emmanuel Macron allait présider, vendredi matin, un conseil de défense, ce qui laisse présager un renforcement des mesures répressives, et de nouvelles restrictions des libertés de la population. Ainsi, Macron, présent sur place, a annoncé que le nombre de militaires de l’opération Sentinelle va plus que doubler, passant de 3000 à 7000 personnes mobilisées sur tout le territoire français.

Si les plans Vigipirate comme les Opérations Sentinelles ne sont d’aucune utilité pour prévenir, dissuader, empêcher, la perpétuation des actes terroristes, comme le montrent notamment ces assassinats, ils contribuent bel et bien, sous couvert de « protection civile », à renforcer les dispositifs de contrôle de la population, et à faire accepter dans l’opinion publique l’idée d’une « guerre civile permanente larvée » qui banalise les pouvoirs accordés aux forces de l’ordre qu’elles soient issues de la police ou de l’armée.

« Nous devons dans ces moments nous unir et ne rien céder à l’esprit de division  », nous dit le président de la République. Après l’annonce d’un confinement décrié, et résultant directement de l’inconséquence de la gestion gouvernementale de la crise sanitaire, le discours de Macron vise également à installer l’idée que l’unité nationale est une nécessité absolue, faisant de tout discours critique envers la politique gouvernementale une menace intérieure, comme il l’a fait en instrumentalisant l’assassinat de Samuel Paty à des fins de renforcement répressifs et islamophobes.

L’extrême-droite n’a bien évidemment pas tardé à réagir, pour réclamer à corps et à cris un durcissement de la loi et des politiques répressives, à l’image de Marine Le Pen qui souhaite une « législation de guerre », permettant de mettre « hors d’état de nuire » les islamistes, ou encore Jean Messiha, délégué national du RN, qui fait un lien direct entre immigration, islam et terrorisme sur Twitter, ironisant : « Le terroriste de Nice est un migrant tunisien récemment arrivé en France en passant par Lampedusa. Mais ça n’a toujours rien à voir, ni avec l’immigration ni avec l’islam. »

Comme l’affirme le communiqué du NPA : « le gouvernement nous appelle à faire corps derrière lui, à accepter sa politique antisociale et guerrière, xénophobe, islamophobe, en s’appuyant sur l’émotion provoquée par ces attaques. Marine Le Pen pousse cette logique au maximum en demandant des mesures de guerre, sans doute de nouvelles restrictions des libertés. »

« Nous réaffirmons notre combat contre les idées réactionnaires et mortifères qui arment les assassins et nourrissent les divisions. Nous appelons l’ensemble des organisations progressistes à refuser les discours d’amalgames et les mesures répressives, et à favoriser les expressions et manifestations de solidarité entre les différents secteurs de la population, quels que soient leur lieu d’habitation, leur origine nationale, leurs convictions religieuses. On pense ici en particulier aux marches et autres initiatives contre le racisme et pour l’égalité, qui sont les meilleures garanties pour défendre une société égalitaire et solidaire, face à tous les promoteurs de la guerre civile. »




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