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Politique

#JusticePourSteve

Assez d’enfumage ! Vérité et justice pour Steve. Castaner démission

A peine Steve était-il retrouvé mort dans la Loire que Castaner et Philippe sortaient leur botte de Nevers pour dédouaner la police et l’Etat. Citant les résultats de l’enquête de l’IGPN, ils excluent par avance toute responsabilité des policiers. De leur côté, plusieurs voix, dont celle de La France insoumise, dénoncent la partialité de la « police des polices » et réclament, une enquête parlementaire… Mais est-il possible que la vérité surgisse d’institutions au service de la bourgeoisie et d’Emmanuel Macron … ? C’est sur nos propres forces que nous devons compter pour que justice soit rendue à Steve.

mercredi 31 juillet

Criminalisation de la contestation et impunité policière : une stratégie bien rodée

Nier, nier, nier, accuser les victimes, récompenser les coupables. Plus la violence se déchaîne dans les rangs du bras militaro-policier de Macron, plus la stratégie du déni et du mensonge s’installe. Les « affaires » se multiplient, démontrant à chaque fois, simultanément, les incroyables exactions dont l’appareil d’Etat se rend coupable et les forces qu’il déploie pour faire taire les medias alternatifs et museler la justice.

Benalla d’un côté, et de l’autre, Zineb Redouane, Geneviève Legay, Steve Caniço… et bien d’autres. Non content de faire traîner en longueur les enquêtes à l’encontre de la police, le gouvernement de Macron se signale dans l’histoire par l’incroyable démonstration d’impunité qu’il met en place pour encourager la violence répressive d’Etat.

Benalla d’abord. Si le barbouze de Macron a passé un court séjour en prison ce n’est pas en raison d’un jugement rendu sur les accusations portées contre lui, mais tout simplement parce qu’il n’avait pas respecté l’interdiction de contact avec son comparse. Pour le reste de « l’affaire » la lumière n’a toujours pas été faite et justice n’a pas été rendue.

Sept mois après la mort de Zineb Redouane, atteinte à sa fenêtre par un tir de grenade lacrymogène, le policier qui a tiré n’a toujours pas été identifié. Dans ce dossier, où les écueils judiciaires s’accumulent, on découvre que la caméra qui aurait dû filmer l’incident, était soi-disant en « dysfonctionnement » ce jour-là… La famille de Zineb porte plainte contre la « police des polices » pour « faux en écriture publique aggravé ».

Quant à Geneviève Legay, grièvement blessée lors d’une manifestation en Mars, à Nice, Macron était immédiatement monté au créneau pour déclarer au journal Nice Matin qu’elle « n’[avait] pas été en contact avec les forces de l’ordre ». Or, on a appris il y a quelques jours, de l’aveu du procureur de Nice lui-même, qu’il avait travesti les faits pour ne pas embarrasser Macron.

Aujourd’hui, Lorsque Castaner déclare, en se référant au rapport de l’IGPN, qu’il n’y a « pas de lien » entre la disparition de Steve et « l’intervention des forces de l’ordre qui était justifiée » », Il n’y a rien de nouveau sous le soleil de feu Jupiter. C’est la même stratégie pourrie qui est à l’œuvre.

L’impasse des enquêtes parlementaires ou sénatoriales

Depuis des semaines que la pression populaire monte à Nantes et dans toute la France, pour exiger de savoir « où est Steve », on voit bien que le pouvoir ne s’est pas précipité pour retrouver le corps. Il est à noter d’ailleurs que, alors que des moyens de recherche officielle soi-disant sophistiqués étaient en cours de déploiement, c’est un simple bateau, qui ne le cherchait pas, qui l’a découvert….

Quand on entend les déclarations immédiates de Castaner et d’Edouard Philippe, prudemment retranchés derrière le rapport de l’IGPN, il est évident que ce n’est pas sur eux que l’on peut compter pour « faire la lumière ». Il est donc logique de chercher une autre voie. C’est ce qu’ont immédiatement proposé certains opposants politiques à Macron. Sous le hashtag #JusticePourSteve, des parlementaires se sont exprimés pour demander « toute la lumière ». Le député écologiste David Cormand a évoqué « colère » et « sidération », tandis que le socialiste Guillaume Garrot a annoncé qu’« après le temps du deuil devra venir celui de la justice ». Des vœux dont on ne voit cependant pas très bien comment ils pourraient être satisfaits.

Les Insoumis, quant à eux, ont exprimé l’intention d’aller plus loin. Invité de BFMTV, le député LFI, Éric Coquerel, a exigé « que la justice soit faite », et « maintenant ». Les députés Insoumis ont réclamé la création d’une commission d’enquête parlementaire concernant « les circonstances globales qui sont arrivées ce soir-là ».

Pourtant, on peut s’interroger sur l’efficacité potentielle d’une enquête parlementaire en de telles circonstances. Pour reprendre les affaires qui ont jalonné les derniers mois du régime Macron, il est éclairant de revenir sur l’affaire Benalla. Dès le 19 juillet, à l’amont du processus d’investigation, la commission des lois de l’Assemblée nationale se constituait en « commission d’enquête parlementaire », suivie le lendemain par une commission composée de sénateurs devant réaliser ses propres auditions.

Mais comment l’assemblée nationale, où LREM est majoritaire, aurait-elle pu constituer en son sein une commission indépendante du pouvoir ? Pouvait-il s’agir d’autre chose que d’une mascarade ? Ce qu’à l’évidence elle a été. Quant à l’enquête du Sénat, on aurait pu, si les choses n’étaient pas aussi graves, s’esclaffer en entendant Benalla, usant et abusant du principe de « séparation des pouvoirs » inscrit dans la Constitution, rétorquer régulièrement qu’il ne répondrait pas aux questions des sénateurs pour la bonne et simple raison qu’une enquête judiciaire était en cours.

Ces institutions, qu’il s’agisse de l’Assemblée nationale ou du Sénat, sont ce qu’elles sont : des institutions bourgeoises destinées à assurer la stabilité du pouvoir aux mains des classes dominantes. Si l’Assemblée peut constituer une tribune politique intéressante pour les représentants de la classe ouvrière et les couches populaires, elle ne peut en aucun cas être garante d’une quelconque indépendance de classe en matière de contrôle de l’Etat, de ses pratiques et a fortiori de ses exactions.

Dans le cas dramatique de Steve, les questions dont pourraient se saisir une commission parlementaire, même si elles sont susceptibles de générer d’intéressantes contradictions politiques, ne seraient que de très peu d’utilité pour éclairer ce qui pourrait s’avérer, dans le cadre de l’enquête judiciaire, comme un réel homicide.

C’est par nos propres moyens que nous devons imposer vérité et justice pour Steve et la démission de Castaner

Faut-il pour autant renoncer à vouloir imposer vérité et justice pour Steve ? Nul besoin de se perdre dans les méandres des enquêtes administratives, ni dans les chaînes de décision d’un pouvoir dont on connaît tout l’autoritarisme et la centralisation pour aller chercher une vérité dont beaucoup d’éléments dessinent déjà très largement les contours.

Les images vidéo dont on dispose, les témoignages, et le fait que plus de 11 personnes se soient retrouvées dans la Loire en même temps que Steve donnent déjà l’amplitude des conditions dans lesquelles celui-ci est mort noyé. Rien qu’avec les informations disponibles à ce jour, les affirmations du rapport de l’IGPN ne tiennent pas la route et on ne nous les fera pas gober. Pas plus que les promesses de « lumière » que tentent de faire miroiter les Castaner et Philippe.

S’il s’agissait de constituer une commission indépendante pour rechercher la vérité sur les circonstances de la mort de Steve, elle ne pourrait être constituée que de représentants des organisations ouvrières et démocratiques, des gilets jaunes et des collectifs représentant ceux, qui depuis des mois et des années, sont victimes de la répression policière.

Un mouvement puissant est enclenché depuis des semaines autour de tous les rassemblements, manifestations, affiches, messages qui ont réclamé inlassablement de savoir « où est Steve ». Désormais, comme on le redoutait, on sait qu’il est mort noyé dans la Loire. Ce que veulent toutes celles et ceux qui se mobilisent, c’est qu’éclatent au grand jour les témoignages, les preuves de la violence qui a conduit un jeune qui venait faire la fête et qui ne savait pas nager à se retrouver dans la Loire. Ce qu’ils veulent, c’est que les crimes que sont les violences policières ne demeurent pas impunis mais que les responsabilités soient dénoncées jusqu’au sommet de l’Etat. C’est en ce sens que le mot d’ordre « Castaner Démission » a commencé à fleurir. Contrairement à ce qu’affirment Edouard Philippe et les membres de la majorité parlementaire qui font bloc derrière lui, le premier flic de France est pleinement responsable dans cette tragique affaire, mais il l’est également pour toutes les victimes de violences policières qui se sont multipliées dangereusement pour atteindre un nombre record ces derniers mois dans le cadre du mouvement des Gilets jaunes.




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