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Réforme de Macron

Assurance-chômage : 800.000 chômeurs verront leur indemnisation baisser de 20% en moyenne

Alors que la réforme assurance chômage vient d’être actée, la catastrophe sociale est déjà en vue : 800 000 chômeurs verront leurs allocations baisser de 20% en moyenne. Le gouvernement continue ses attaques contre les plus précaires.

mercredi 3 mars

Crédit photo : PASCAL GUYOT / AFP

« Alors que le chômage a augmenté de 7,5 % sur l’année 2020 avec un nombre de demandeurs d’emploi qui avoisine les 4 millions et que les suppressions d’emplois s’accélèrent (80 000 licenciements ou emplois menacés depuis le début de la crise sanitaire), le gouvernement et sa ministre du travail Élisabeth Borne se sont empressés de mettre en place la réforme de l’assurance chômage qui va frapper de plein fouet les secteurs les plus précaires du salariat, déjà durement touchés par la crise », voilà ce que nous écrivions hier.

Avec cette réforme, le gouvernement compte faire près d’un milliard d’euros d’économie chaque année d’après l’Unedic, notamment en changeant le calcul du salaire de référence qui pénalisera principalement les travailleurs qui enchaînent les contrats courts, et en étalant les indemnités dans le temps. Dans une vidéo de vulgarisation, TF1 donne des exemples de réévaluation de l’indemnité versée : un smicard qui cumule des CDD d’un mois et qui touchait 985€/mois pendant 8 mois selon l’ancien modèle, ne touchera plus que 667€/mois pendant 14 mois. Une coupure criminelle en pleine crise économique.

En effet, pour les travailleurs et couches les plus précaires, la crise devient de plus en plus difficile à vivre. Les emplois sont supprimés et les aides s’amenuisent. Or le nouveau système de calcul de chômage entrera en vigueur le 1er juillet et le Ministère du Travail lui-même prévoit une baisse des allocations pour 800 000 personnes. Cette baisse sera en moyenne de 22% selon les chiffres de l’Unédic (Union Nationale Interprofessionnelle pour l’Emploi dans l’Industrie et le Commerce).

Bien que la Ministre Elisabeth Borne déclare sur le plateau de BFM que « cette réforme est nécessaire pour lutter contre la précarité », la réalité c’est que pour toucher une allocation il faudra dorénavant avoir travaillé 6 mois au cours des 24 derniers mois… Pourtant, comme l’explique le journal l’Obs : « l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) prévoit au contraire une hausse du taux de chômage à 10,6 % fin 2021, contre 8,1 % avant la pandémie ».

La priorité du gouvernement n’est pas d’aider les plus précaires à faire face à la crise, mais seulement de prendre des mesures qui cachent la misère tant bien que mal.

D’autant plus que les jeunes sont particulièrement impactés par la baisse des allocations, étant moins couverts par le chômage car contraints à enchaîner les contrats courts, les CDD et emplois d’intérims. La Ministre du Travail se défend en entendant « dissuader les entreprises de recourir de façon excessive à des contrats courts », contradictoirement avec la plateforme 1 jeune 1 solution qui renvoie en réalité les jeunes vers Pôle Emploi qui leur offre 20 000 emplois précaires.

La seule réponse du gouvernement face à la crise c’est donc de pérenniser une précarité déjà existante en exigeant des couches populaires de se conditionner à l’austérité. Et pendant que le gouvernement cherche à économiser le moindre sous sur le chômage des travailleurs, il offre des milliards au patronat.

Si la logique du gouvernement est de niveler l’ensemble du système de l’assurance chômage vers le bas comme il prévoyait déjà de le faire pour la réforme des retraites, nous revendiquons au contraire que toutes les allocations et aides aux plus précaires soient augmentés. Cela serait possible via à un impôt sur les grandes fortunes : de meilleurs conditions de vie et de travail, défendre les acquis des travailleurs, voilà pourquoi il faut se battre !




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