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Casse sociale

Assurance-chômage : Macron veut passer en force, construisons un plan de bataille à la hauteur !

Macron a remis sur la table la réforme de l'assurance-chômage et promet qu'elle « sera pleinement mise en œuvre » le 1er octobre prochain. Il profite ainsi de la situation sanitaire pour passer outre la décision du Conseil d’État de suspendre la réforme et tenter de faire payer la crise aux plus précaires. Face à l'offensive néo-libérale, il faut un plan de bataille à la hauteur !

vendredi 16 juillet

Une contre-réforme scélérate pour faire payer la crise aux plus précaire

Face à la crise économique et sanitaire, les travailleurs précaires et le chômeurs sont en première ligne. C’est ce qu’avaient exprimé les occupations de théâtres par les précaires du m milieu de la culture contre la gestion sanitaire erratique du gouvernement et contre la réforme de l’assurance chômage. Ces mobilisations ainsi que l’impopularité de cette dernière mesure en pleine explosion du chômage consécutive aux licenciements et ruptures de contrats qui ont suivi la crise sanitaire et les confinements successifs, avaient poussé le Conseil d’État à demander à Macron de retoquer sa réforme en particulier concernant le calcul des indemnités journalières revues à la baisse par le gouvernement.

Toutefois le répit aura été de courte durée puisque lors de son allocution ce lundi Macron a annoncé que sa réforme de l’assurance chômage sera bien « pleinement mise en œuvre » dès le 1er octobre prochain. Avec ce discours, il repart à l’offensive et tente de convaincre les classes dominantes de sa capacité à maintenir le rythme des réformes néolibérales à l’instar de la réforme des retraites. Une manière de s’adresser à l’électorat de droite après la gifle des régionales, tout en se servant de la sidération provoquée par le retour de la question sanitaire au premier plan pour s’attaquer aux droits des plus précaires. Et pour cause, 37% des futurs chômeurs sont concernés par la réforme et perdront en moyenne 24% de leurs allocations selon l’UNEDIC.

Face à la casse sociale, il n’y a pas de « dialogue social » possible : il faut construire le rapport de force par la grève !

Face à cette offensive historique, les centrales syndicales se cantonnent à mener la bataille sur le terrain juridique tout en maintenant l’illusion du dialogue social avec Macron et son gouvernement. Au lendemain de la décision du Conseil d’Etat de suspendre la réforme, le secrétaire général de la CFDT s’est félicité d’une « victoire pour les demandeurs d’emploi » et d’une « démonstration d’un syndicalisme utile » à l’opposé de toute action sur le terrain des luttes auxquelles la centrale syndicale s’est jusqu’ici refusé à participer pour faire face à cette attaque.

Du côté de la CGT, tout en prenant part au mouvement d’occupation des théâtres au printemps dernier contre l’assurance-chômage, la confédération a continué à participer à toutes les concertations organisées par l’exécutif sur le sujet. Elle lui a ainsi servi de caution dans les négociations plutôt que chercher à construire un plan de bataille qui mobilise l’ensemble de notre camp social, tout en suspendant toute perspective de lutte au résultat du recours mené devant le Conseil d’État.

L’annonce de Macron qui remet sur la table la réforme vient démontrer que les travailleurs et les chômeurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour défendre leur droit, et que faire reculer le gouvernement nécessite de construire le rapport de force par la grève et les manifestations. A ce titre, les directions syndicales doivent cesser de négocier la régression sociale, et mettre sur pied un plan de bataille à la hauteur. A l’heure où le patronat a supprimé plus de 800.000 emplois depuis le début de la crise, où 1 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en France, il y a urgence à construire la riposte contre Macron et tout ceux qui veulent faire payer la crise aux travailleurs, aux chômeurs et aux précaires.