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Assurance-chômage : quelques retouches cosmétiques pour masquer l’ampleur de l’attaque

Le gouvernement a décidé de faire payer la crise aux plus précaires, notamment à travers la réforme de l'assurance-chômage. Pour mieux faire passer la pilule, des modifications à la marge ont été apportées au décret qui sera publié le 1er avril, mais l'ampleur de l'attaque reste la même.

jeudi 18 mars

Alors que le taux de chômage a augmenté de 7,8% en 2020 et que les licenciements se multiplient, Macron et Borne mènent une offensive d’ampleur contre les plus précaires par le biais de la réforme de l’assurance-chômage. Le décret devrait être publié le 1er avril et être appliqué le 1er juillet. Cette réforme s’attaque en premier lieu à l’accessibilité au chômage (allongement de la durée de période travaillée pour ouvrir ses droits) et au montant des allocations qui vont fortement diminuer.

Alors que la crise sanitaire a conduit jusqu’à présent à environ 800 000 emplois supprimés ou menacés, ce décret est une terrible attaque aux travailleurs licenciés et aux plus précaires, à tel point que l’ensemble des organisations syndicales ont avaient affirmé dans un communiqué commun le 23 février leur « profond désaccord » avec des mesures qui « pèseront lourdement sur le quotidien des femmes et des hommes qui perdent leur [poste] ». Une opposition formelle au projet qui ne les avaient pourtant pas empêchés de poursuivre le « dialogue social » jusqu’au bout, et qui n’a jusqu’à présent abouti sur aucun plan de bataille conséquent, pour construire le rapport de forces face au gouvernement, dans la rue et dans les entreprises.

Pour autant, le gouvernement cherche à désamorcer la colère qui pourrait exploser autour de cette nouvelle attaque. En effet, à quelques jours de sa publication, la dernière version du décret transmise aux organisations patronales et syndicales comporte quelques modifications à la marge qui relèvent avant tout de mesures cosmétiques.

Pour tenter de justifier cette réforme dans un contexte de crise économique profonde, le décret va conditionner l’accessibilité aux allocations et leur dégressivité à certains indicateurs : plus de 2,7 millions déclaration d’offres d’emplois hors intérim en quatre mois et la baisse du nombre de chômeurs de catégorie A de 130000 sur six mois. Selon le ministère du Travail, ces indicateurs traduiraient une reprise durable des embauches. En cas de confinement dur, la réforme serait gelée pour six mois.

Mais derrière ces quelques amendements à la marge, il y a surtout la volonté du gouvernement de faire payer la crise aux plus précaires, en faisant passer coûte que coûte cette réforme, sans en modifier la structure. Tout au plus, Borne et Macron cherchent à temporiser pour ne pas se confronter à une colère trop vive, puisque les effets de la réforme ne seront pas ressentis immédiatement, mais que le décret sera bien publié et appliqué au plus tard dans quelques mois.

Comme nous l’écrivions dans un précédent article, face à ce gouvernement déterminé à faire payer la crise aux chômeurs et aux travailleurs, c’est bien par la lutte et le rapport de force qu’il sera possible de défendre nos droits. C’est pourquoi il s’agit dès maintenant d’interpeller les directions syndicales afin d’exiger un véritable plan de mobilisation, dans la rue et sur les lieux de travail contre la réforme de l’assurance chômage et les licenciements. A l’image de l’appel à manifester contre le chômage et la précarité le samedi 20 mars 2021 à l’initiative du mouvement national des chômeurs et précaires qui doit être un premier point d’appui. Il s’agit de construire le front le plus large possible pour construire la riposte à la base contre le projet anti-social de Macron, car ce n’est pas aux travailleurs de payer la crise.




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Crise économique   /    Réforme de l’assurance chômage   /    Précarité   /    Chômage   /    Politique