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Politique

3 à 3.9 milliards d'économies imposées...

Assurance-chômage : reprise des négociations malgré la crise ouverte par les gilets Jaunes

Alors que les Gilets jaunes sont encore nombreux à être mobilisés et que le gouvernement a déjà annoncé plusieurs reculs sous la pression du mouvement, les directions syndicales quant à elles préfèrent jouer le jeu des négociations. Ce mardi, elles reprenaient les discussions avec le patronat et le gouvernement sur la réforme de l'assurance-chômage, qui promet d'être une offensive d'ampleur contre les chômeurs.

mercredi 19 décembre 2018

Crédits photo : IP3 Press/MaxPPP/Aurélien Morissard

Ce mardi 18 décembre, les directions de la CFDT, de la CGT, de FO, de la CFTC et de la CFE-CGC reprenaient les négociations sur la réforme de l’assurance-chômage. Ces dernières avaient été interrompues la semaine dernière et les syndicats avaient demandé un délai d’un mois supplémentaire (jusqu’à fin février) pour les discussions.

Cette réforme de l’assurance-chômage a pour but principal de faire réaliser au gouvernement des économies d’ampleur – entre 3 et 3,9 milliards d’euros sur trois ans. Si la CGT comme FO ont décidé de ne pas signer la lettre de cadrage approuvée par la CFDT, la CFE-CGC et la CFTC. Mais les deux confédérations n’ont pas pour autant refusé de se rendre aux négociations.

Pour cette cinquième séance de négociations, le Medef prévoit de s’attaquer notamment au régime spécifique des intermittents du spectacle. De manière générale, pour réaliser les économies prévues, la baisse des droits des demandeurs d’emplois est un passage obligatoire. Le patronat a notamment proposé une allocation moins haute mais étalée sur une plus longue période – mesure qui pourrait leur faire économiser environ 900 millions d’euros.

La CGT spectacle a lancé la semaine dernière un appel à la "grève illimitée" qui coure depuis mardi 18 décembre et a organisé une brève manifestation à cette occasion devant le siège du Medef. Un appel qui reste limité à cette fédération alors que le contexte est propice à son élargissement à la grève générale parmi les rangs de la CGT.

Le choix d’aller négocier avec un gouvernement en position de faiblesse plutôt que de construire l’offensive par la grève était déjà une compromission il y a trois mois, à l’ouverture des négociations. Mais aujourd’hui, alors que le mouvement des Gilets jaunes perdure depuis un mois et a déjà fait reculer le gouvernement sur quelques aspects, cette attitude des directions syndicales est absolument criminelle. Alors que le mouvement des Gilets jaunes a fait mettre un genou à terre à Macron, le soi disant Jupiter inflexible, les directions syndicales décident de tendre la main au gouvernement pour l’aider à se relever.

Rien de bien surprenant de la part des mêmes directions syndicales qui avaient signé un communiqué répondant à l’appel du gouvernement à l’union sacrée pour maintenir l’ordre « républicain », communiqué qui dénonçait « toute forme de violence dans l’expression des revendications » sans dire un mot sur les violences policières que subissent les personnes mobilisées.

Cependant, un grand nombre de syndicalistes, notamment de la CGT, en appellent à la convergence avec les gilets jaunes. Il devient de plus en plus évident que ce qui a fait la force du mouvement des Gilets jaunes, c’est son ampleur numérique et la détermination, la radicalité des personnes mobilisées en continu - bien loin des habituelles journées « saute-mouton » ou de la « grève perlée » accompagnées de manifestations routinières que proposent habituellement les directions syndicales. Ces dernières doivent prendre leurs responsabilités, arrêter immédiatement toute négociation avec le président des riches et appeler à la grève et à sa généralisation pour poursuivre le mouvement et gagner contre Macron !




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