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Attaque anti-démocratique : le gouvernement interdit le meeting de Clémentine Autain

Un décret gouvernemental du 21 mai, par le biais de la préfecture de Seine-Saint-Denis, interdit, sous prétexte sanitaire, la tenue du meeting de Clémentine Autain pour les régionales. Une pierre de plus à l'édifice réactionnaire et anti-démocratique qu'érige le gouvernement en vue des présidentielles.

jeudi 27 mai

Crédit photo : MARTIN BUREAU / AFP

Ce mardi 25 mai, la nouvelle tombait : le meeting de Clémentine Autain, candidate insoumise pour la région Île de France qui devait se tenir à Montreuil le 13 juin prochain a été annulé de fait par un décret émanent de la préfecture de Seine Saint Denis, sous prétexte sanitaire.

« Ils n’ont pas prononcé le mot interdiction, mais c’est une interdiction de fait. On n’a pas le droit de faire ce meeting. C’est jouer sur les mots. J’avais demandé au préfet si c’était possible d’organiser ce meeting, il m’a dit oui. Il estimait à ce moment-là que ça ne posait pas de problème si c’était dans le respect des gestes barrières. Puis il m’a rappelé hier, car entre-temps, il y a eu un nouveau décret » s’insurge Clémentine Autain au micro de Check News

Ce décret, sorti du chapeau du ministère de l’intérieur et du premier ministre ce 21 mai, stipule en effet, que les rassemblements électoraux doivent être limités à 50 personnes alors que sont permises, par exemple, les manifestations en plein air.

Comme le soulignait Raquel Garrido à raison, l’interdiction de ce meeting, loin d’être un motif sanitaire, est un choix politique délibéré du gouvernement Macron qui confirme son tournant autoritaire. Alors que sont autorisés les meetings politiques du PS et du RN, la FI se voit restreindre son droit de parole publique dans le cadre des élections régionales.

Le gouvernement, qui, dans la séquence cherche à polariser le débat sur la droite en vue des présidentielles tente donc par une nouvelle manœuvre anti-démocratique pour maintenir le cap de son tournant autoritaire qui s’est approfondit avec les lois séparatisme et sécurité globale. Cap autoritaire, réactionnaire et sécuritaire qui a mené aux interdictions de manifester, et à de violent épisodes répressifs, sous le même prétexte sanitaire depuis an, à l’image par exemple, des manifestations autour du 8 mars, de [l’occupation de l’Odéon>https://www.revolutionpermanente.fr/Rassemblement-interdit-a-l-Odeon-le-gouvernement-fait-la-guerre-a-la-culture], ou plus récemment en solidarité avec le peuple palestinien alors que sont autorisées les manifestations de policiers devant l’Assemblée Nationale avec la participation du ministre pour continuer de donner des gages à l’institution répressive et à l’électorat d’extrême droite.

L’interdiction de ce meeting politique d’une voix d’opposition face à cette polarisation à droite du débat est une nouvelle pierre du gouvernement à la bataille contre la FI dont font partie aussi les attaques successives qu’il subit dans les médias bourgeois comme Danièle Obono qui a été taxée d’antisémite en direct, ou encore les réactions virulentes à l’absence de participation de la FI à la manifestation réactionnaire de la police. L’idée que tente de faire passer le gouvernement et ses médias c’est de définir ce qui se trouve dans et en dehors de la République en donnant ou non le droit de parole et d’expression publique. Ils en viennent donc à interdire des meetings politiques, surtout lorsqu’ils se trouvent en dehors de l’arc de force purement bourgeois et institutionnel comme c’est le cas du RN, du PS, du PCF ou encore de EELV, des partis bourgeois donc, qui ont tous participé à la manifestation de policiers et acceptent de participer de fait à la polarisation du débat public sur la droite.

La défense des droits démocratique dans les coordonnées actuelles ne peut donc pas uniquement se faire contre la montée de l’extrême droite mais aussi contre le gouvernement qui fait son lit. Ce type d’interdiction présage aussi de ce qui pourrait advenir des manifestations futures. C’est pourquoi, outre le référé liberté déposé par la candidate Clémentine Autain, il y a la nécessité d’une dénonciation systématique la plus ferme et la plus large possible à ce type d’attaque anti-démocratique allant de l’interdiction de ce meeting jusqu’au interdictions de manifester et de contester les attaques successives de ce gouvernement.




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