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Attaque contre la presse : l’IGPN convoque la journaliste de Médiapart qui a révélé l’affaire Legay

Mediapart a révélé que le 26 mai, une reporter du journal a été convoquée par l'IGPN pour être entendue comme suspecte. Elle aurait pris part à un « recel de violation du secret professionnel ». En d'autres termes, elle a participé à visibiliser la violence policière subit par Geneviève Legay lors d'une manifestation de Gilets Jaunes à Nice.

mercredi 27 mai

Crédits : REUTERS/ Eric Gaillard

A l’heure où le débat autour des violences policières s’intensifie, avec notamment la prise de position de la chanteuse Camélia Jordana sur le plateau d’On Est Pas Couché et la polémique qui s’en est suivie, la police essaye de faire la chasse aux journalistes, et à leurs sources, qui ont participé au dévoilement de la répression policière. C’est Pascale Pascariello, journaliste de Médiapart, qui a été convoquée par l’IGPN pour être entendue comme suspecte pour avoir enquêté sur l’affaire Legay pour « recel de violation du secret professionnel », comme l’a dénoncé Médiapart.

Affaire dans laquelle les policiers ont été lourdement mis en cause dans les violences subies par Geneviève Legay, militante d’ATTAC de 73 ans à Nice, lors d’une manifestation de Gilet Jaunes. Pascale Pascariello a participé a démontré la responsabilité des policiers, alors même qu’Emmanuel Macron avait au moment des faits défendu ces derniers responsabilisant la victime de ces mots : « Quand on est fragile, qu’on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci ». De même, son enquête avait aussi permis de visibiliser les mensonges du juge Jean-Michel Prête alors qu’il avait assisté à la scène. Toujours dans la même affaire, La journaliste avait montré que l’enquête était menée par nul autre que la femme du commissaire mis en cause.

Comme le précise Médiapart, la convocation de Pascale Pascariello est la quatrième tentative de la justice de traquer les sources de ces informations compromettantes pour le gouvernement depuis février 2019. Cette enquête contre la journaliste démontre la volonté du gouvernement d’étouffer les sources qui visibilisent l’intensité de la répression policière, qu’il est de plus en plus compliqué de cacher après le mouvement des Gilets Jaunes, la répression quotidienne des habitants de quartiers populaires et le tout récent confinement autoritaire. L’IGPN s’attaque à la liberté d’informer de la presse et aux journaux indépendants, qui dénoncent les abus de l’Etat et de sa police, tel que Médiapart. Pendant ce temps les grands médias, tous possédés par de grands groupes capitalistes, reçoivent chaque jour des personnalités qui véhiculent des idées réactionnaires et peuvent abreuver de fausses informations les journaux et émission télévisés sans aucun problème.




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