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Au Collège Fabien à Saint Denis, parents et enseignants se battent contre la fermeture de classes

Malgré la crise sanitaire et ces conséquences sur les collégiens, les politiques de fermeture de postes et d'austérité dans l'éducation débouchent sur la fermeture de classes pour satisfaire les exigences budgétaires du gouvernement. Au Collège Fabien, à Saint Denis, les parents d'élèves et les enseignants se battent contre la fermeture de deux classes.

jeudi 24 juin

Les enseignants et parents d’élèves ne comptent pas se laisser abattre au Collège Fabien, et un bras de fer est entamé depuis le début du mois de juin : une première journée de grève a eu lieu mardi 1er juin avec 35 enseignants grévistes sur 40 qui sont allés se rassembler devant l’inspection académique. Le jeudi suivant, les parents d’élèves eux aussi très mobilisés, sont entrés en action en organisant « une journée sans élèves » pour protester contre la fermeture des deux classes.

La crise sanitaire que nous traversons a plus que jamais démontré le manque de moyens criant dans l’éducation nationale. Mais malgré l’impact pédagogique de cette année sur les jeunes collégiens de seine saint Denis, l’académie continue de programmer des fermetures de classes aux conséquences désastreuses sur l’enseignement. Au collège Fabien qui s’était déjà mobilisé pour exiger un protocole sanitaire conséquent, ce sont deux classes de cinquième et sixième qui doivent fermer à la rentrée prochaine. Dans un établissement d’éducation prioritaire où les difficultés sont déjà nombreuses, les premières victimes de ces fermetures seront les élèves, comme le souligne le communiqué des professeurs mobilisés :
 
« Les conséquences de ces politiques d’économies sur le dos des élèves sont évidemment nombreuses, mais la première est l’assurance d’apprentissages de moins bonne qualité. »
 
Pourtant, le fonctionnement en demi classe mis en place au mois durant le mois de mai a démontré qu’une réduction des effectifs (et donc l’investissement massif dans l’éducation publique) permettait des conditions d’apprentissage bien meilleures pour les élèves et les enseignants. Qu’à cela ne tienne, l’académie justifie la fermeture des deux classes prétendant une baisse supposé du nombre d’élèves déjà inscrits pour la rentrée de septembre en se basant sur les inscriptions déjà réalisées. Mais dans la réalité, une grande partie des inscriptions ont lieu tardivement et jusqu’au mois de septembre. Et quand bien même une réduction du nombre d’élèves inscrits serait réelle, une baisse des effectifs par l’ouverture de nouvelles classes ne ferait qu’améliorer la qualité de vie et d’enseignement au collège dans des classes moins chargées. Mais les politiques austéritaires dictent la logique inverse et le projet de fermeture des deux classes ne répond qu’à des exigences budgétaires en réduisant le nombre de professeurs à temps plein sur le collège :
 
« 7 collègues présent∙e∙s depuis plusieurs années dans l’établissement vont perdre entre 30 et 60% de leur service au collège Fabien, et devront exercer dans un autre établissement de Seine-Saint-Denis. »

Une nouvelle journée de grève et de mobilisation est prévue ce jeudi ; les enseignants prévoient de faire entendre leur voix devant la DSDEN 93.

Les suppressions de classe ne se limitent pas au collège Fabien, la situation de l’enseignement prioritaire continue de se dégrader dans tout le 93 et dans le pays malgré les besoins toujours plus importants dans le département le plus pauvre de France. Face aux suppressions de classes qui vont se multiplier pour la rentrée prochaine, il est nécessaire de soutenir les enseignants qui relèvent la tête face aux mesures austéritaires qui veulent leur faire payer la crise.




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