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Notre classe

Dans l’indifférence des autorités et de la région Ile-de-France…

Au lycée Jacques Feyder (93), les travaux envoient une élève à l’hôpital

Au lycée Jacques Feyder d’Épinay-sur-Seine (93), en travaux depuis trois ans, une élève a reçu sur le bassin, mardi 2 février, une porte vitrée qui l’a envoyé à l’hôpital. Malgré les multiples alertes des personnels et des parents d’élèves sur l’indignité de poursuivre les cours dans un chantier, les autorités restent indifférentes.

mercredi 10 février

Nous l’écrivions déjà en octobre 2020 : enseignants, agents et élèves du lycée Feyder travaillent dans des conditions scandaleuses et indignes, prises très à la légère par les autorités - rectorat, région, direction - voire carrément ignorées, alors même qu’ils n’ont cessé de les alerter, depuis 3 ans. Le problème en question : l’aberration que constitue un chantier sur site du lycée Feyder et les dysfonctionnements graves, qui mettent en danger les élèves et les personnels. Ces derniers ne cessent de s’hypertrophier, prenant, le mardi 2 février, une tournure particulièrement dramatique, le pire ayant été évité de peu.

Le mardi 2 février en effet, une porte haute en verre, d’un bâtiment neuf (!) du lycée, livrée il y a un an, est donc tombée sur une élève qui l’a reçue, de tout son poids, sur le bassin. La jeune fille de 15 ans a été prise en charge par les pompiers et est restée à l’hôpital jusqu’à 23h, pour y subir de nombreux examens. Si le dénouement en fut “heureux”, la jeune fille ne souffrant finalement que de blessures “légères” qui, semble-t-il, ne laisseront pas de séquelles, la situation au lycée Feyder provoque de grandes inquiétudes quant à la capacité de l’établissement à assurer la sécurité de ses élèves et de ses personnels.

« Un courrier fut alors immédiatement adressé à la région, personnalités politiques vinrent à la rescousse, mais nulle réponse ne nous est, comme d’habitude, parvenue. » témoigne un personnel qui pointe l’absence totale d’empathie et d’humanité des autorités. « Faudra-t-il donc un mort ou une personne handicapée à vie pour, qu’enfin, Mme Pécresse daigne sortir de son écœurant mutisme ? » s’inquiète-t-il.

Le verre de la porte qui s’est écroulée, le 2 février, était visiblement fendu depuis plusieurs semaines avec depuis lors, comme seule mesure qui ait été prise, une simple feuille scotchée dessus portant la mention : “attention risque d’accident”. Le problème était donc signalé depuis plusieurs semaines mais aucune réparation n’avait été effectuée.

Ce n’est hélas pas la première fois que ce genre de problème est recensé au lycée Feyder. « Les problèmes que nous faisons remonter demeurent lettre morte ». Un mutisme particulièrement révoltant et répugnant, sachant que les occupants du lycée Feyder subissent, depuis 3 longues années, des conditions de scolarité cauchemardesques que les “décideurs” ne supporteraient pas, ne serait-ce qu’une journée, pour leur progéniture.

Au lycée Jacques Feyder, les manœuvres des engins des chantiers (chantiers qui jouxtent de part et d’autre le lycée, à quoi il faut ajouter le chantier qui se déroule à l’intérieur même de l’établissement) se déroulent sans aucune précaution ni signalisation. « Peu avant les vacances de Noël, deux professeurs ont failli être renversés par des engins de chantier qui circulent comme si les lieux étaient déserts. Ces faits ont été signalés à la direction, ils ont aussi été consignés dans le cahier RDGI (Registre de signalement d’un danger grave et imminent) mais, depuis lors, rien n’a changé et les élèves et les personnels risquent, chaque jour, de se faire percuter » témoigne un personnel. « Aucun marquage au sol ni agent qui stoppe la circulation des personnes, le temps que se déroulent les manœuvres desdits engins » poursuit-il.

Au lycée Feyder, il n’y a pas d’accès pompier et l’évacuation des élèves, en cas d’incendie, est rendue impossible en raison de l’absence de cour (occupée par des préfabriqués qui tiennent lieu de salles de classe) et d’une sorte de long couloir étroit délimité par de la tôle par lequel s’effectue la sortie des élèves et des personnels qui constitue, de fait, un goulot d’étranglement particulièrement dangereux.

Le lendemain de l’accident, une visite d’une délégation de représentants régions, de personnes qui s’occupent du chantier, du maire d’Épinay avait lieu pour faire le point sur les zones dangereuses. La délégation n’a pas pris la peine de s’adresser aux représentants des personnels. Nouvel acte de mépris à l’égard de ceux qui y travaillent. Depuis cette visite “surprise” nulle amélioration n’est advenue dans la sécurisation du chantier...

Face à ce mépris sidérant et à cette absence de prise de responsabilités de la région Île-de-France, les personnels ont décidé de lancer une procédure de référé liberté au tribunal administratif en exigeant l’arrêt immédiat du chantier et ce jusqu’à ce que les mesures nécessaires, pour assurer la sécurité des élèves et des personnels, soient prises.

Face au dénuement sidérant, il reste aux personnels désespérés par ces conditions de travail le sarcasme et l’humour : celui de détourner la mise en scène grotesque de Macron sur Instagram en faveur des gestes barrières.

C’est de barrières bien réelles ainsi que de personnels humains tangibles, face aux dangers qui menacent au quotidien à Feyder, dont les personnels et les élèves cruellement besoin, pas d’une répugnante campagne de communication !




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