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« Aucun méa culpa », « aucun regrets » : Macron défend mordicus sa gestion sanitaire erratique

Jeudi 25 mars, le président Macron a pris la parole aux alentours de 22h30, peu après la tenue d’un conseil européen. Une soudaine prise de parole pour se justifier face aux critiques du monde médical sur une gestion pour le moins erratique de la crise sanitaire. Une nouvelle tentative pour Macron de défendre coûte que coûte une gestion sanitaire catastrophique.

samedi 27 mars

Crédits : AFP Benoit Tessier

Accusé par toute une partie du corps médical d’avoir pris des mesures trop tardives, le chef de l’Etat s’est attelé à défendre son bilan sanitaire. Sur un ton vif, le président a riposté jeudi soir lors d’une prise de parole depuis l’Elysée, face aux nombreuses critiques qui émergent contre la gestion sanitaire du gouvernement. Macron s’est défendu tout le long de son discours, présentant la décision de ne pas re-confiner fin janvier comme une victoire et justifiant que la troisième vague qui traverse actuellement le pays n’est en aucun cas liée à sa décision prise en janvier : « Il n’y a pas eu l’explosion qui était prévue par tous les modèles. (...) Je peux vous affirmer que je n’ai aucun mea culpa à faire, aucun remords, aucun constat d’échec. Nous avons eu raison de le faire ».
 
Les déclarations du président français ne sont pas sans suspendre, à l’heure où la troisième voie macronienne est un échec cuisant sur toute la ligne. En effet, nombreux sont les épidémiologistes à pointer la responsabilité directe du gouvernement dans la situation catastrophique actuelle. En défendant la décision de ne pas prendre de mesures sanitaires en janvier dernier et en se satisfaisant de laisser l’épidémie circuler dans ce que l’exécutif appelait alors un plateau haut, pour ne pas perturber l’économie, le gouvernement est directement responsable de la situation actuelle. Ainsi donc, cette défense qui s’apparente à de la « méthode Coué » s’inscrit, évidemment, dans le cadre des élections présidentielles de 2022 au cour de laquelle la question du bilan de l’épidémie aura un rôle déterminent.
 
Pour autant, malgré l’échec de sa ligne sanitaire décidée contre l’avis du corps scientifique, Macron reste droit dans ses bottes et tente le tout pour le tout pour défendre la catastrophe : « Mais nous considérions qu’avec les mesures de couvre-feu prises, les mesures de freinage, nous pouvions faire face sans qu’il y ait de flambée et c’est ce qu’il s’est passé ». Il s’agit en réalité ni plus ni moins pour le gouvernement de continuer à défendre une gestion sanitaire de plus en plus impopulaire, en effet hier un sondage Elabe révélait que 74% de la population trouvait la gestion du gouvernement incohérente. Pour le gouvernement tous les arguments sont bons pour tenter de se sauver la mise, « la santé mentale de la jeunesse » ou encore « les difficultés de nos jeunes » sont mis en avant pour expliquer la stratégie du gouvernement. Un argument qui ne trompe personne et qui ne manque pas d’hypocrisie quand la macronie se refuse à toute mesure pour aider la jeunesse et ne cesse de la précariser.

 
Derrière une communication qui peine à convaincre, il faut voir ici la volonté de l’exécutif de gagner du temps. La tendance sanitaire n’est pas bonne et la situation tend encore à s’empirer. En effet, l’exécutif joue la montre : « Il est trop tôt pour voir l’efficacité des mesures mises en application depuis le week end du 20 mars ». Pourtant, les chiffres eux sont inquiétants, en île de France, malgré la déprogrammation de 40 % des opérations, ce sont 89% des lits de réanimation qui sont d’ores et déjà occupés, ce sont plus de 300 morts quotidiens la semaine dernière. une situation face à laquelle 80% des opérations devraient être déprogrammées dans les semaines à venir, avec des conséquences dramatiques. Dans les Alpes-Maritimes les taux d’occupation des réanimations atteignent 145%, et 111% en PACA. Alors que l’épidémie continue de progresser, trois départements devraient par ailleurs venir s’ajouter aux 16 qui font l’objet de « mesures de freinage ». Symbole de la gravité de la situation : hier 4.651 personnes se trouvaient en réanimation, un chiffre qui tend à se rapprocher du pic de la deuxième vague qui se situait à 4.903 personnes. Une différence centrale est cependant à relever : à l’époque de ce pic, la France vivait depuis déjà deux semaines dans le cadre d’un confinement déjà « made in MEDEF » mais en réalité bien plus strict qu’à l’heure actuelle.

Si Macron s’attelle à ce point à défendre son « bilan sanitaire » et se refuse au mea culpa c’est pour tenter de défendre jusqu’au bout un bilan catastrophique et une stratégie qui priorise l’état de l’économie et des profits face à la santé quitte à sacrifier une partie de la population. Une façon d’éluder les difficultés énormes que rencontre le système de santé public, étouffer par des décennies de politique de rigueur libérale qui, depuis plus d’un an, s’expose au grand jour.

Face à la gestion erratique du gouvernement, qui a pour conséquence directe des milliers de morts, il est vital que le monde du travail oppose un programme clair et en rupture avec la logique libérale du gouvernement.

En premier lieu, il s’agit d’exiger des investissements massifs dans la santé, avec un plan d’embauche et un investissement matériel à la hauteur des enjeux. Face à la précarité qui explose, il s’agit d’exiger l’interdiction des licenciements, une hausse du SMIC à hauteur de 1800€ net et une baisse drastique du temps de travail jusqu’à éradication du chômage. Enfin, pour ouvrir les voies d’une sortie de la situation pandémique actuelle, la levée immédiate des brevets est indispensable pour fournir à l’ensemble de la population un traitement gratuit et sûr, tout en assurant une transparence totale indispensable face aux doutes. Une mesure en rupture avec la logique capitaliste de concurrence et de course au profit qui exige l’expropriation des grands groupes pharmaceutiques et leur mise sous contrôle par les travailleurs et la population.




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