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Renault-Douai, 16 jours d’arrêt maladie ? Assez pour se faire virer

Automobile. Nicolas, licencié en raison de sa tendinite

Sept ans de bons et loyaux services et en guise de remerciement, c’est la porte. Sans autre forme de procès. C’est la teneur du recommandé reçu par Nicolas Riquoir, ouvrier chez Renault-Douai, le 28 décembre. La précédente mise en garde, il l‘avait reçue au lendemain du 14 juillet. Ce que lui reproche l’entreprise ? Sa tendinite… Jean-Patrick Clech

vendredi 5 février 2016

Et si Nicolas a mal au bras, Renault y est sûrement pour quelque chose. Pendant sept ans, en effet, il a travaillé à la chaîne, au montage de portes. Ayant été reclassé sur le site de Douai après avoir travaillé chez un sous-traitant du secteur auto, Plastic Omnium, à Flers-en-Escrebieux, Nicolas fait tout pour être efficace. Dans une région où le chômage est près de deux fois supérieur à la moyenne nationale, il s’accroche à son poste et multiplie les gestes de bonne volonté. Il est volontaire pour une mission de dix-huit mois sur le site de Metz et à son retour, alors qu’il a l’impression qu’on s’est moqué de lui, il n’hésite pas à accepter des heures supp’, allant jusqu’à finir à 22h alors que ses collègues d’équipe finissent à 20h40.

Mais voilà, il y a cette satanée tendinite. À force de démonter des portières, Nicolas en souffre de plus en plus. Quand il n’en peut plus, il se fait arrêter par son médecin traitant, comme n’importe quel salarié. Il a pris 26 jours non consécutifs en 2014, et sa hiérarchie l’informe que ces arrêts discontinus perturbent la production. Il tente alors de prendre des jours de congé, plutôt que de se faire arrêter, mais on les lui refuse. En 2015, il n’a pris que 16 jours, mais ce sont 16 de trop. Le 28 décembre, il reçoit son recommandé qui lui annonce son licenciement.

Jeter comme un kleenex un salarié qui souffre dans une usine qui emploie 3600 salariés en CDI, 1100 intérimaires et qui tourne à plein régime ? Pour Renault, c’est tout à fait possible, voire même nécessaire. Tous ceux qui ne sont pas suffisamment productifs, dans l’automobile, il faut s’en débarrasser au plus vite. Le motif qui est avancé, en règle générale, pour justifier ces licenciements, c’est la désorganisation d’un secteur ou d’un service, même si le Code du Travail interdit « le licenciement d’un salarié en raison de son état de santé ou de son handicap ». Mais une grosse multinationale comme Renault, aidée de ses amis Macron et El Khomry, ne saurait s’arrêter à ce genre de détail. Nicolas, lui, a décidé de porter l’affaire devant les prud’hommes.




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