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Politique

Liberticide et antisocial

Autoritarisme patronal : Bluelinea menace de suspendre les salariés sans pass sanitaire

Le patron de Bluelinea menace ses employé.e.s d’une suspension de contrat de travail en cas de non-vaccination, alors que l’entreprise ne reçoit pas de public et n’est donc pas soumise à l’obligation du pass sanitaire. Une expression de plus du sentiment de toute puissance patronale, encouragé par les lois liberticides du gouvernement.

mardi 7 septembre

Pascal Pochard/AFP

Les salarié.e.s de l’entreprise Bluelinea, spécialisée dans la téléassistance auprès des personnes âgées et en situation de handicap, n’ont aucun contact avec le public. Pourtant, le directeur leur a annoncé lundi que leur contrat de travail serait suspendu s’ils n’étaient pas en mesure de présenter un pass sanitaire en règle à partir du 1er octobre. D’après France Info, l’entreprise compte une centaine de salarié.e.s et au moins 10% d’entre eux seraient menacés par la résolution de leur direction. Pour justifier cette décision, Laurent Levasseur, président cofondateur de Bluelinea, invoque une soi-disant préoccupation pour la protection des travailleur.se.s et de leur santé. Il se dit aussi convaincu que “d’ici quelque temps, il y aura un élargissement du pass sanitaire".

S’inscrivant ainsi totalement dans la logique du gouvernement, qui a déjà imposé le pass sanitaire sous peine de sanctions à de nombreux travailleurs, l’argumentaire du patron expose très clairement son mépris pour les salariés, il prétend les priver de salaire “pour leur bien”.

Le lendemain, interrogée sur l’affaire qui a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux, le Ministère d’Élisabeth Borne a répondu hypocritement sur le caractère illégal de la menace : «  La loi du 5 août est très claire sur le périmètre d’application du pass sanitaire et des sanctions (1 an d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende) sont prévues pour les employeurs qui ne la respecteraient pas. En aucun cas l’entreprise ne peut suspendre ses salariés à ce motif  ».

Pour autant, que les suspensions et autres sanctions soient faites dans le cadre de la loi ou en dehors, c’est bien le gouvernement d’Élisabeth Borne qui a offert aux patrons la possibilité de licencier les travailleurs et travailleuses qui refusent la vaccination, malgré la défiance qu’elle suscite dans une partie de la population. Défiance dont il est, avec ses prédécesseurs, directement responsable. Pas surprenant si ces mêmes patrons se sentent pousser des ailes et s’affranchissent de la fine barrière légale qui les empêche (encore) d’appliquer la nouvelle loi dans tous les secteurs. D’autant qu’il est peu probable que le directeur en question se sente menacé par la peine encourue, étant donné la légéreté avec laquelle il a été repris après une telle attaque envers les travailleurs : alors que ces derniers ont bien subi des pressions et des menaces explicites de leur patron, d’après l’AFP, « les services du ministère ont pris contact avec l’entreprise” pour simplement l’informer “qu’il ne pouvait pas procéder ainsi ».

En réalité, il est nécessaire de s’opposer à cette offensive coordonnée des patrons et du gouvernement sur le pass sanitaire. Ce dont on a besoin c’est d’ une stratégie par en bas, à l’opposé de l’orientation pro-patronale du gouvernement qui impose la vaccination à nos collègues à coup de sanctions et stigmatise la première ligne tout en ne mettant aucun moyen en place pour convaincre de la vaccination ou limiter la circulation de l’épidémie, à l’image du scandaleux protocole sanitaire annoncé dans l’éducation nationale en cette rentrée.




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