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Autoritarisme sanitaire : avec la 3e dose Macron ouvre la voie à une pérennisation du pass sanitaire

Au lendemain de l’allocution d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, a confirmé que la troisième dose serait obligatoire pour les plus de 65 ans et les personnes immuno-déprimées. Si la mesure constitue un nouveau renforcement de l’autoritarisme sanitaire, elle ouvre surtout la voie, sur le temps long, à une pérennisation du pass sanitaire.

mercredi 10 novembre

Crédit photo : AFP

Dans un contexte où la reprise épidémique est bien présente en Europe et en France, Emmanuel Macron a annoncé lors de son allocation ce mardi l’obligation de la troisième dose du vaccin pour les plus de 65 ans et les personnes immunodéprimés, sous peine de perdre leur pass sanitaire au 15 décembre.

Ce matin, Gabriel Attal est venu préciser les contours de cette nouvelle mesure autoritaire au micro de France Info : « Si vous avez plus de 65 ans, que vous avez réalisé votre deuxième dose il y a six mois, vous avez cinq semaines pour réaliser votre rappel faute de quoi le pass sanitaire sera désactivé ».

Pour les personnes âgées de 50 à 65 ans pour qui la campagne vaccinale pour le rappel s’ouvre le 1er décembre, la suspension du pass sanitaire n’est pas encore envisagée. En revanche, si le chef de l’État ne l’a pas annoncé, Christophe Castaner a jugé sur BFMTV que les soignants seraient également concernés, affirmant : « Le président ne l’a pas précisé mais ça me paraît une évidence que la troisième dose soit obligatoire pour les soignants. » Une fois de plus, dans la lignée de l’obligation vaccinale pour les soignants consacrée le 16 octobre, le gouvernement fait peser sur les soignants et l’hôpitâl la consécration de ses mesures autoritaires.

Dans le sillage de la validation par l’Assemblée Nationale de la prolongation du pass sanitaire jusqu’à l’été 2022 vendredi dernier, cette obligation vaccinale pour les plus de 65 ans et les soignants vient renforcer l’autoritarisme sanitaire en laissant craindre la pérennisation du pass sanitaire à long terme. D’une part en effet, comme le concède Gabriel Attal lui-même, cette disposition est amenée à s’étendre à l’ensemble de la population : « il y aurait une logique à ce qu’à un moment donné, ça soit le cas pour les autres publics auxquels le rappel vaccinnal est ouvert, mais ça n’a pas été décidé à ce stade ». D’autre part, l’application d’une dose de rappel, au même titre qu’un vaccin contre la grippe, est dans son appellation même vouée à devenir régulière pour pallier la baisse de l’efficacité du vaccin au fil du temps. Ainsi, le prolongement du pass sanitaire et son conditionnement à la troisième dose pour les plus de 65 ans ouvre la voie à la normalisation de l’utilisation de ce dispositif répressif.

Dans la continuité de sa gestion sanitaire depuis le début de la pandémie, le gouvernement à quelques mois des présidentielles resserre donc l’étau autoritaire. Si la campagne de vaccination a nettement permis de commencer à entrevoir le bout du tunnel, la stratégie autoritaire du gouvernement pour la mettre en place, elle, montre ses limites et n’aura pas permis d’empêcher une reprise de l’épidémie. Dans ce contexte, il est impératif de se battre pour des moyens à l’hôpital un plan sanitaire à la hauteur, qui place la vaccination au premier plan mais refuse toute restriction de nos libertés. Pour cela, il est urgent que les organisations syndicales cherchent à convaincre massivement de la vaccination tout en rejetant en bloc cette nouvelle attaque.




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