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Société

Violences policières. Une affaire qui rappelle le cas d'Adama

Auxerre. Lacrymo, flash-ball et plaquage musclé : encore un homme tué lors d’une interpellation

Dans la nuit de jeudi à vendredi, un homme a succombé à une crise cardiaque au cours de son interpellation, après avoir été « neutralisé » à coups de flash-ball et de gaz lacrymogène. Des faits qui ne sont pas sans rappeler les circonstances de la mort d'Adama Traoré cet été, bien que la police se défende d'avoir commis ce qu’ils appellent plus communément « une bavure ». Frédéric Apoyo et Léonie Piscator

samedi 7 janvier 2017

L’homme âgé de 37 était apparemment suivi pour d’importants troubles psychiatriques. La description que donne le parquet de son état au moment des faits laisse entendre qu’il était en pleine crise de démence, en train de détruire son propre appartement. Pourtant, l’homme était tout au plus armé d’une barre d’haltère, et la force employée semble encore une fois dépasser l’entendement : un tir de flash-ball, des gaz lacrymogènes et un plaquage au sol… contre un homme vraisemblablement atteint d’une maladie mentale, dont le principal crime était de « prétendre être Jésus » et de dégrader son propre appartement.
 
Bien que l’enquête vienne tout juste de débuter, la procureur de la république d’Auxerre – Sophie Macquart-Moulin – semble s’être fait un avis pour le moins tranché sur l’affaire : « J’estime qu’il n’y a pas lieu de penser à une bavure policière mais l’enquête est en cours[…]Certes, on pense tout de suite à l’usage de ces armes de neutralisation, mais il convient de rappeler que nous avons affaire avec un individu qui avait de gros problèmes psychiatriques et un suivi médical lourd. Il pouvait, peut-être au moment des faits, se trouver sous l’emprise de produits toxiques qui ont pu contribuer à la survenance de son décès ».
 
Des déclarations qui ne laissent que peu de doutes quant à la partialité avec laquelle sera menée cette enquête, et qui ne sont pas sans rappeler les déclarations des gendarmes et de la justice après la mort d’Adama Traoré, et qui avaient pour unique but de couvrir les crimes policiers. D’ailleurs, on peut noter que Sophie Macquart-Moulin s’est bien gardée d’évoquer directement le plaquage au sol dont a été victime l’homme interpellé, prise durant laquelle il a succombé à une crise cardiaque annoncée mais qui doit encore être confirmée par l’autopsie… tout comme Adama.
 
Des déclarations hâtives visant à légitimer l’intervention musclée des policiers, et qui tendent à culpabiliser un homme qui était vraisemblablement malade. Tous les éléments semblent corroborer que l’enquête menée sera une nouvelle fois à charge contre la victime aujourd’hui morte, coupable de démence, illustrant une nouvelle fois une justice à deux vitesses, accélérée par l’état d’urgence, qui condamne les manifestants ou encore les jeunes des quartiers à de la prison ferme et réserve l’acquittement et le sursis aux forces de polices.




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