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En grève pour nos retraites et pour nos salaires !

Avant le 7 mars, les contrôleurs en colère face aux promesses non tenues de la SNCF

En décembre, la grève pour les salaires des contrôleurs avait donné des sueurs froides à la direction de la SNCF et au gouvernement. Pourtant, plusieurs acquis de la grève ne sont toujours pas mis en place et, à la veille du 7 mars, la colère des agents concernés s’ajoute au mouvement d’ampleur contre la réforme des retraites.

Anna Ky

6 mars 2023

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Avant le 7 mars, les contrôleurs en colère face aux promesses non tenues de la SNCF

A la fin de l’année 2022, la colère des ASCT (Agents de Service Commercial à bord des Trains), plus communément appelés contrôleurs, avait surpris tout le monde par son ampleur et son organisation, sur un groupe Facebook (le Collectif National des ASCT) qui réunit encore aujourd’hui plus de 3000 contrôleurs. Jean-Pierre Farandou lui-même avait déclaré : « J’ai plus de quarante ans de maison, j’en ai vu des grèves, mais je n’en ai pas beaucoup vu le jour de départs [des vacances de Noël] comme ça ».

Cette grève massive et inédite avait toutefois abouti sur un accord bien faible au regard de l’ampleur de la mobilisation, signé par les syndicats dans le dos des grévistes. Un accord qui promettait essentiellement une prime annuelle lissée sur 12 mois et des avancements de carrière pour les agents restés plus de quatre ans sur une position (en référence à la grille de qualifications des cheminots au statut). Pourtant, plus de deux mois après la signature de l’accord, et alors que les commissions de notation – qui actent l’évolution de carrière des agents – ont eu lien au début de l’année 2023, des dizaines d’agents concernés continuent de stagner.

« Déjà que la prime obtenue [environ 60 euros par mois, ndlr] est bien loin de l’augmentation de salaire qu’on revendique, on se rend maintenant compte que ce qu’on pensait être un acquis de notre grève en termes d’évolution de carrière va être une énorme bataille », témoigne Elsa, contrôleuse sur TER. « Cette mesure concernait surtout les cheminots embauchés au statut, dont certains ont stagné sur une position pendant plus de 10 ans, avec le bas salaire qui l’accompagne et globalement un manque de reconnaissance de la boîte évident. »

Des centaines d’ASCT sont concernés par cette mesure figurant dans l’accord suite à la grève de décembre. Pourtant, rien qu’à Paris-Montparnasse, ils sont plus d’une trentaine à dénoncer le fait qu’ils n’ont pas vu leur niveau ou leur qualification évoluer cette année, après plus de quatre ans sur la même position. Plusieurs organisations syndicales ont déposé des demandes de concertation immédiates (DCI) pour dénoncer la situation. Dans l’une de ces DCI que nous avons pu consulter, rédigée par la CGT pour les agents Intercités, les dirigeants de la SNCF sont qualifiés de « mauvais perdants » et l’organisation syndicale demande entre autres la notation en priorité des agents ayant séjourné plus de quatre ans sur une position. Quant aux animateurs du Collectif National des ASCT (CNA) sur Facebook, ils appellent à se rapprocher des délégués syndicaux au sein des commissions de notation pour que « chacun soit vigilant sur le cas de chaque agent ».

Mais loin d’être une problématique qui se traitera de manière individuelle, cette colère vient s’additionner à la mobilisation d’ampleur contre la réforme des retraites. « Ces collègues, ce sont pour certains des cheminots proches de la retraite, qui voient leur âge de départ encore repoussé par la réforme et qui subissent donc une double peine, explique Elsa. On a l’impression d’être méprisés de bout en bout de notre carrière »

Dans ce contexte, les promesses non tenues par la direction de la SNCF pourraient mettre de l’huile sur le feu, et poser dans la bataille des retraites des questions qui dépassent le retrait de la réforme : la question des salaires et des conditions de travail, qui avaient déjà mobilisé les contrôleurs de manière inédite en décembre, et qui pourraient aujourd’hui mobiliser des secteurs entiers du monde du travail, alors que plusieurs appels à reconduire la grève après le 7 mars ont été lancés, notamment dans les transports.

A lire : Lier bataille des retraites et lutte pour les salaires, une condition pour vaincre contre Macron


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