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Politique

Privatisation, casse du droit du travail..

Avec la loi Pacte, Macron tente de relancer en douce le rouleau compresseur néolibéral

Si la vente d’Aéroports de Paris a fait les gros titres, notamment en raison du recours au référendum d’initiative partagé, c’est un cocktail néolibéral global que vient de faire passer la majorité. Privatisations mais aussi continuation de la casse du droit du travail et choc de simplification.

vendredi 12 avril

Double discours. Alors qu’Emmanuel Macron se fait attendre pour les annonces du Grand Débat, dont on sait d’avance qu’elles n’apporteront aucune avancée sociale, il relance en même temps en catimini le calendrier des réformes. La loi Pacte, si elle a beaucoup focalisé l’attention sur la privatisation d’ADP, est un cocktail néolibéral dans le plus pur style macronien. Petit tour de revue du texte.

Côté privatisations, on a donc Aéroports de Paris, mais aussi la FDJ, dont la part de capital détenu par l’Etat va baisser drastiquement ou encore Engie (ex-GDF Suez), dont les parts de l’Etat devraient passer sous la barre des 33% et La Poste avec la montée en puissance de la caisse des dépôts dans le capital. Autre réforme d’envergure : le gouvernement prévoit la fin du tarif de vente règlementé (TRV) du gaz naturel pour 2023 !

Côté droit des entreprises, la loi prévoit une simplification des seuils en privilégiant une option à trois catégories : onze, cinquante et 250 salariés. Concrètement, cela va permettre d’exonérer de leurs obligations fiscales et sociales un grand nombre d’entreprises pour un manque à gagner de 500 millions d’euros pour l’Etat. Cette mesure était réclamée de longue date par le MEDEF.

La loi Pacte prévoit également deux attaques majeures contre les salariés. Le gouvernement supprime le forfait social, cotisation patronale prélevée sur l’épargne salariale, une réforme qui va coûter 440 millions d’euros à la Sécurité Sociale. Des mesures sont également prises pour favoriser l’épargne retraite : il s’agit pour le gouvernement de préparer la réforme des retraites et la casse du régime général à venir.

Si la majorité a effectué un saupoudrage social surtout symbolique, en mettant en place plus de transparence sur les salaires pour les entreprises cotées et une limitation des retraites-chapeaux des dirigeants, la tonalité est ultra-libérale. Il s’agit de la première attaque de cette ampleur depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes, qui avait imposé une pause dans le rouleau compresseur macronien. Pendant que le gouvernement organise un contre-feu avec les annonces du Grand Débat, il cherche à reprendre la main en catimini, aidé par le silence complice des grands médias, et la manœuvre autour de la privatisation d’ADP.

Pour celles et ceux qui en doutaient encore, le signal est donc clair : Macron a bien l’intention de relancer son programme néolibéral sans aucun changement de ligne. Une manœuvre de diversion que les Gilets Jaunes ont bien compris : ils manifesteront ce samedi 13 avril pour l’acte 22, appelé « Ultimatum 2 » pour l’occasion.




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