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Jeunesse

Victoire

Avec plus de 600 voix, Le Poing Levé devient la deuxième force politique à l’Université de Paris !

Quelques mois après sa création, le Poing Levé de l’Université de Paris est devenu la deuxième force politique sur la fac. Un tel succès dans une université aussi élitiste et dépolitisée illustre la radicalisation à gauche d’une partie de la jeunesse, soutenant une liste ouvertement anticapitaliste, antiraciste et féministe.

lundi 19 avril

Pour sa première participation aux élections étudiantes, le collectif le Poing Levé de l’Université de Paris, lancé depuis quelques mois seulement, s’est hissé à la deuxième place en totalisant plus de 600 voix ! Ce résultat, qui lui permet d’avoir un des trois sièges au Conseil d’Administration, ainsi qu’un siège au Conseil facultaire de science, deux sièges au Conseil facultaire d’Humanité, et un au Sénat Académique, illustre la pénétration des idées anticapitalistes dans la jeunesse, même dans des établissements connus pour être parmi les plus élitistes et anti-démocratiques.

Cette université, récemment créée après la fusion de Paris Diderot et Paris Descartes, est en effet à l’avant-garde des attaques contre nos conditions d’étude. Une fusion, pensée pour placer l’Université de Paris dans le classement de Shanghai, qui a causé des suppressions de filières et de postes de personnels, tout en rendant l’université des plus anti-démocratique en augmentant le nombre de personnalités extérieures dans les conseils centraux et en diminuant le nombre d’élus étudiants. En renforçant des procédés antidémocratiques déjà existant, cette fac représente en quelque sorte la pointe avancée du projet néolibérale pensé pour les universités.

Et pourtant, en portant un programme très à gauche, affichant clairement son caractère anticapitaliste, antiraciste, féministe et anti-impérialiste, le Poing Levé a séduit près de 15% des étudiants.

Un succès de l’extrême-gauche dans une fac sans tradition de luttes

Si la FAGE, reste première et de loin, profitant de son implantation à travers des associations de filières et jouant sur une image a-partisane, alors quesa proximité avec le gouvernement est assez peu perceptible dans ses discours ; dans une université largement dépolitisé, où l’UNEF n’a même pas eu les forces de se présenter, il existe un bloc d’extrême-gauche autour de 1000 voix, (23% des votants), si on additionne le résultat du Poing levé à celui de Solidaires, qui, avec 400 voix, triple son score du scrutin précédent.

Même dans une fac qui subit de plein fouet la crise du militantisme étudiant, sans tradition de lutte, où très peu de listes se présentent, l’audience pour les idées du Poing Levé dit quelque chose de l’état d’esprit de la jeunesse.

Des étudiants qui sont sortis dans la rue contre la loi sécurité globale et contre l’inaction climatique, qui ont passé l’année à suivre leurs cours derrière des écrans, qui ont pour beaucoup perdu leur emploi depuis la crise sanitaire, et ont connu une rentrée chaotique à cause de la fusion, se sont reconnus dans des mots d’ordre tels que le salaire étudiant à hauteur du SMIC financé par les grandes fortunes, la validation automatique des partiels, et la mise en place de crèches dans les universités, autant de signes d’une importante politisation.

Cependant, cette politisation peine encore à se développer sur le terrain de la lutte, dans les universités. Le Poing Levé se veut au service de cela, pour que la colère étudiante puisse faire plier un gouvernement qui veut toujours plus nous précariser. C’est ainsi que nous concevons notre rôle d’élu, comme un point d’appui pour les luttes à venir, localement comme nationalement.

Face à des conseils anti-démocratiques : des élus au service des luttes

En effet, même si nous nous présentons aux élections étudiantes, nous n’avons pas l’illusion de pouvoir améliorer la situation des étudiants dans ces conseils anti-démocratiques, entièrement tournés vers les intérêts des grandes entreprises. Dans un conseil d’administration où nous ferons face à douze personnalités extérieures, grands patrons et hauts fonctionnaires, parmi lesquels Martin Hirsch, directeur de l’Assistance-Publique Hôpitaux de Paris, responsable de la destruction de l’hôpital public et membre de droit du CA de l’Université de Paris, notre action aura pour but d’informer les étudiants sur les attaques contre nos conditions d’étude qui sont décidées dans ces conseils et de dénoncer la cogestion pratiquée par les autres élus, membres de la FAGE. Alors que la grande majorité des étudiants ignorent ce qui se décide dans ces conseils où règne l’opacité, rendre visible ce qui s’y dit est un premier pas pour appuyer les mobilisations.

À l’automne 2020, quand l’imminence de la fusion obligeait une réécriture du règlement intérieur, la direction a tenté de rendre impossible les Assemblées Générales étudiantes, en exigeant que toute réunion dans l’enceinte de la fac nécessite une autorisation de la préfecture, demandée deux mois en avance. Soutenue, ou en tout cas tue par les élus de la FAGE, cette mesure a pu être annulée uniquement à l’aide de la mobilisation, après qu’un professeur ait fait fuiter l’information, que notre collectif la diffuse via Révolution Permanente, et que des médias nationaux la relaie ensuite. C’est seulement après cette campagne médiatique que l’université a reculé. Dénoncer d’un côté les conseils anti-démocratiques, et de l’autre créer un rapport de force à leur encontre : voilà le rôle que nos élus comptent jouer dans les conseils. Cependant, nous ne concevons pas notre intervention comme limitée seulement au cadre de l’université.

Le Poing Levé : un collectif étudiant au service de la convergence des luttes

Tandis que, de par leur rôle de production de savoir dominant et de formation des cadres du système capitaliste, les universités regroupent des problématiques qui concernent l’ensemble de la société, nous comptons défendre des positions anticapitalistes, écologiques et féministes, main dans la main avec ceux qui font justement tourner ce système : les travailleurs.

Avec Martin Hirsch au CA de l’Université de Paris, notre combat contre le caractère anti-démocratique de la fac est forcément lié à celui des soignants, épuisés par des années de réductions de moyens. A l’heure où les hôpitaux Beaujon et Bichat sont contraints de fusionner en vue de la création d’un grand centre hospitalier dans le nord de Paris, qui va entraîner la suppression de 400 lits, et dans lequel l’Université de Paris est impliqué, la lutte contre la sélection à l’université, particulièrement forte dans les filières de santé, ne peut se faire sans revendiquer des moyens massifs dans l’hôpital public, et donc dans les filières qui forment les médecins de demain, nos universités. Et ce d’autant plus que les étudiants en médecine ont été largement réquisitionnés pour faire face à la crise sanitaire, souvent sous-payés, ils devaient combiner les partiels et de nombreuses heures à l’hôpital.

A l’heure où des milliers d’étudiants ont perdu leur emploi, sont contraints d’avoir recours à l’aide alimentaire, ou encore ont été en première ou seconde ligne dans la grande distribution et la logistique : l’alliance avec l’ensemble des travailleurs pour défendre nos conditions de vie et de travail est plus que jamais nécessaire.

C’est dans cette perspective et dans l’objectif de défendre des positions anticapitalistes, antiracistes, féministes et écologistes depuis les lieux d’étude, en faisant le lien entre la jeunesse et les travailleurs pour faire gagner ces revendications, que nous entendons poursuivre à l’Université de Paris avec Le Poing Levé.




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