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Politique

Validation pour tous !

Bac 2020 : oraux de français enfin annulés mais un Bac basé sur des contrôles d’entraînements…

Présent aux côtés d'Edouard Philippe ce jeudi pour préciser la suite du retour en classe à partir du 2 juin, Jean-Michel Blanquer a notamment reculé sur sa volonté de maintenir les oraux du Bac français pour les élèves de Première. A l'image du reste des épreuves, les élèves seront évalués sur les deux premiers trimestres de leur année, sans considération pour les injustices que cela crée.

vendredi 29 mai

Crédit photos : Eric Feferberg / AFP

L’on connaît désormais les contours de la deuxième phase du retour à l’école, après une réouverture progressive depuis le 11 mai dernier, en priorité dans le primaire, puis dans les collèges de zone verte. A partir de mardi, l’ensemble des collèges seront désormais ouverts, alors que les lycéens reprendront également progressivement sur l’ensemble du territoire – avec une priorité donnée aux lycées professionnels en Ile de France, dernière zone classée orange. Mais l’annonce qui a le plus retenu l’attention de la part du ministre de l’Education Nationale concerne l’annulation des oraux du Bac de français pour les élèves de Première, déjà sujets de la mise en place du Bac Blanquer cette année, avec l’apparition des E3C en cours d’année.

« J’ai entendu les inquiétudes face à une situation exceptionnelle qui entraînait une inégale préparation de cette épreuve », a ainsi affirmé le ministre, qui a ensuite précisé que tout comme les épreuves écrites, cette dernière serait « validée par le contrôle continu ». Une véritable reculade pour Blanquer, dont la posture était jusqu’alors d’affirmer haut et fort que ces oraux seraient maintenus, même s’ils devaient être la seule épreuve à avoir lieu, entraînant d’importantes interrogations sur les conditions sanitaires dans la situation. Un entêtement largement dénoncé par l’Association française des enseignants de français (AFEF), à l’origine d’une pétition dénonçant les inégalités de préparation pour les élèves depuis le début du confinement.

Les élèves ne doivent pas être pénalisés par la crise

Au-delà de la question de l’oral de français, les modalités d’évaluation de l’ensemble des épreuves du Baccalauréat 2020 commencent à se préciser et la « bienveillance » prônée par le ministre début avril semble s’être envolée. En effet, les élèves seront évalués seulement sur les deux premiers trimestres de leur année, ce qui pose déjà la question de l’inégale valeur du diplôme en fonction des établissements, alors que le contrôle continu sera définitivement intégré à partir de l’année prochaine.

Pire, cette méthode de calcul tend à désavantager de nombreux élèves, ne prenant pas en compte le fait que l’année de Terminale étant généralement pensée par les enseignants comme un processus de progression pour atteindre les attendus du Bac en fin d’année. D’autant que s’il avait débuté au moment de la fermeture des établissements scolaires et du confinement mi-mars, le troisième trimestre ne sera pas du tout pris en compte, privant certains de la possibilité de rattraper un « accident de parcours », qui aurait a priori dû n’être que peu préjudiciable.

Enfin, se pose la question des rattrapages pour ceux qui n’ont pas obtenu leur diplôme via ce mode d’évaluation. Au début du confinement, Blanquer promettait de les étendre aux élèves ayant moins de 8 de moyenne, comme c’est normalement le cas. Mais en temps normal sous forme d’oraux, selon quelles modalités se dérouleront-ils ? Et surtout, sur la base de quel programme, sachant que les apprentissages sont forcément inégaux puisque l’année a été interrompue ?

Depuis le début de la crise sanitaire, nombre d’élèves ont déjà été touchés par des conditions de confinement difficiles, la pression de la continuité pédagogique à marche forcée ou encore des malades parmi leurs proches. Pour qu’ils ne soient pas davantage pénalisés par la situation dans leurs parcours scolaires, nous devons exiger une année blanche et une validation des examens pour tous. Il s’agit de la seule solution pour dépasser les modalités d’évaluation injustes décidées par le gouvernement, qui n’auront comme effet que de créer davantage d’inégalités entre les élèves.




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