^

Notre classe

#StopE3C

Bataille contre les E3C : le boycott du « Bac Blanquer » à généraliser !

Déjà largement mobilisés contre la réforme des retraites, les enseignants sont vent-debout contre la mise en place des "E3C", nouvelles épreuves du bac Blanquer. "Inégalité de condition de passage et de traitement entre établissement", "problèmes matériels", "sujets inadaptés", dénoncent 12 organisations syndicales de l’Éducation. A la suite de boycotts et de piquets d'enseignants, plusieurs établissements ont du reporter leurs épreuves. Une action à généraliser pour faire reculer ce nouveau "bac local".

mercredi 15 janvier

Crédit photo : O Phil des Contrastes

« E3C », nouveau « Bac local » et inégalité manifeste de traitement entre élèves

Les élèves de première générale et technologique sont les véritables cobayes d’une réforme du lycée et du baccalauréat, dit « Bac 2021 » imposée aux forceps par le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, depuis deux ans. Après la réforme des filières – disparition des maths du tronc commun, offre de spécialité diffractée sur plusieurs établissements, réduction des volumes horaires d’enseignement -, arrivent les premières épreuves d’ « E3C » - pour Épreuves Communes de Contrôle Continu - sur les semaines de janvier et février.

Ces E3C doivent alimenter la note finale du futur baccalauréat, dont 60% sera établi par du « contrôle continu », c’est-à-dire par des épreuves à caractère local, avec des sujets variables selon les établissements, voire les classes. C’est cette dimension locale du « Bac Blanquer » qu’avaient largement contesté les enseignants du lycée lors des années précédentes, notamment lors de la grève du baccalauréat de juin 2019.

Le déroulement des E3C vient confirmer leurs inquiétudes. Les banques de sujets, délivrées début décembre, ne correspondent pas toujours aux savoirs travaillés avec les élèves ; des grilles de correction sont peu claires voire absentes, les modalités de correction restent très floues, sans concertation prévues. L’inégalité de traitement concerne aussi le déroulement des épreuves : en l’absence de banalisation des cours, les E3C doivent se dérouler durant la classe... parfois avec des cours de 55 minutes pour des épreuves calibrées sur 1heure. Les problèmes pédagogiques se superposent aux problèmes matériels et d’organisation : surcroît de travail pour les personnels administratifs à cause de la numérisation des copies, mais aussi pour les enseignants, dont le temps de correction ne sera pas rémunéré (contrairement à l’ancien bac).

Douze organisations syndicales, allant du Snes-FSU au Snalc, ont pour ces raisons, demandé un report des épreuves des E3C.

Blocage et report au lycée Alphonse Daudet de Nîmes et Balzac de Mitry-Mory (93)

Mais déjà, depuis lundi 13 janvier, plusieurs établissements ont du reporter leurs épreuves. Lundi, au lycée Alphonse Daudet de Nîmes, un blocage du lycée et une intervention policière ont fait reporter les épreuves de langues. Même chose au lycée au lycée Balzac de Mitry-Mory en Seine-Saint-Denis.

A Rennes, la police est intervenue contre un piquet d’enseignants et de cheminots devant un lycée.

Louis-le-Grand en grève reconductible contre les E3C

Au lycée Nelson Mandela de Poitiers, comme à Louis-le-Grand ou encore à Henri IV, ce sont les appels à la grève déposée dans le cadre de la contestation contre la réforme des retraites qui ont été largement suivis pour empêcher la tenue des E3C.

Et pour la médiatiser, des lancées de copies et de sacs ont été organisés devant la Sorbonne et au lycée Lakanal de Sceaux.

Par tous les moyens, boycotter les E3C et renforcer la mobilisation contre la réforme des retraites

Dans d’autres établissements, des enseignants refusent de faire remonter leur choix de sujets, impliquant un boycott des E3C et envisagent de ne pas faire passer les épreuves.

Pétition, blocage de lycée, grève, occupation et blocage des Rectorat comme à Rouen ou à Paris ce mercredi 15 janvier, tous les moyens sont bons pour boycotter les E3C et continuer la mobilisation contre la réforme des retraites.

Si le « Bac Blanquer » renforce de fait les inégalités de traitement entre élèves, il touche, au même titre que la réforme des retraites, les conditions de travail et de rémunération des enseignants : lourdeur des programmes, suppression de la rémunération des corrections, augmentation des effectifs par classe.

La réforme du baccalauréat accompagne aussi les suppressions de postes prévues dans la réforme de la Fonction Publique en réduisant les volumes d’enseignement dans certaines matières, en accroissant le nombre d’élèves par enseignant. L’Éducation nationale et ses personnels sont littéralement sabrés par ces trois réformes consécutives.

Jeudi 16 janvier, en grève et dans la rue, par des piquets et des blocages d’établissements la semaine prochaine, les enseignants doivent rester massivement mobilisés.




Mots-clés

Education nationale    /    Grève du bac   /    Jean-Michel Blanquer   /    Grève   /    Lycées   /    Education   /    Notre classe