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Beauvais : le coronavirus sert de prétexte pour interdire un rassemblement syndical

Un rassemblement contre les abus patronaux a été menacé de poursuites pénales, en raison de l'arrêté interdisant tout gros rassemblement pour limiter le développement du coronavirus. En réalité, la prévention contre ce virus semble être l'excuse parfaite pour justifier l'attitude liberticide des institutions gouvernementales.

jeudi 5 mars

Crédits photos : L’Observateur de Beauvais

Dans la matinée du 3 mars, les agents des collectivités territoriales du Beauvaisis ont manifesté pour dénoncer leurs conditions de travail, en particulier les modalités de leurs heures supplémentaires, lors d’un rassemblement organisé par la CGT.

Cependant, la Police Nationale présente a affirmé à Dominique Bécart, secrétaire du bureau CGT des territoriaux du Beauvoisis, que le rassemblement était interdit en raison d’un arrêté préfectoral visant à limiter la propagation du coronavirus dans l’Oise.

La réponse du secrétaire du bureau de la CGT ne s’est pas fait attendre : premièrement, il a précisé que de fait, les gens présents au rassemblement travaillent ensemble dans les mêmes locaux, et qu’il n’y avait donc pas de raison de leur interdire de se réunir dans un espace public alors qu’ils se réunissent tous les jours sur leur lieu de travail ; deuxièmement, il a ajouté que le rassemblement se tenait suite à un refus de concertation de la part de la direction : “on aurait bien aimé, mais la collectivité devait nous recevoir hier, ils ne nous ont pas reçus”. C’est que face au mépris et manigances de la direction, les travailleurs veulent se montrer intransigeants : il n’est pas question de jouer avec leurs conditions de travail et leur dignité.

Face à cela, la Police a menacé “tous les gens présents et identifiés” grâce à la vidéo qu’ont réalisé les forces de l’ordre, “d’une verbalisation pour le non respect de l’arrêté préfectoral”. Les mesures visant à éviter la propagation du virus peuvent ainsi facilement être durcies, quand il s’agit d’interdire toute activité politique de masse. Paradoxalement, il n’est pas prohibé d’utiliser les transports publics, ou encore de consommer dans les lieux de grande affluence comme les restaurants, les bars, etc.

En réalité, ce premier événement marque le début d’un phénomène qui pourrait se généraliser en cette période de contestation sociale : l’utilisation de telles mesures restrictives et liberticides afin de contenir et d’étouffer toute contestation politique. En effet, le coronavirus semble être la meilleure justification pour renforcer la répression et l’autoritarisme d’un gouvernement au service des intérêts patronaux, qui n’hésite pas à utiliser le 49.3 pour faire taire la contestation. Le message est clair : que ce soit par les moyens d’actions de la démocratie parlementaire, ou par des moyens détournés, comme le prétexte d’une épidémie, on veut faire taire toute voix contestataire.

Par ailleurs, il semblerait que le principal risque de propagation du coronavirus ne vienne pas de la tenue de rassemblements ou d’assemblées générales, mais plutôt de l’incapacité du secteur de la santé à pouvoir répondre efficacement au virus. On peut dire que les attaques du gouvernement à l’hôpital portent ses fruits : la seule sortie effective face à cela, est de répondre au discours de peur et de menace du gouvernement en criant plus haut et plus fort qu’on ne baissera pas les bras dans la lutte contre les abus patronaux, contre la réforme des retraites et contre l’ensemble des attaques sociales et sexistes de ce système ; et qu’on continuera à se battre pour notre dignité et une vie meilleure.




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