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Politique

Lutte des précaires

Belfort. Les livreurs Uber Eats en grève contre la précarité !

Les Uber Eats de Belfort font grève depuis lundi pour dénoncer la précarité de leurs conditions de travail alors qu'ils sont en première ligne depuis le début de la pandémie.

mercredi 14 avril

Crédits / Photos ER /Michael DESPREZ

Depuis ce lundi, les livreurs Uber Eats de Belfort sont près de 80 sur 150 dans le secteur à avoir cesser toute livraison. Ils s’organisent pour dénoncer et lutter contre la dégradation de leurs conditions de travail et faire face aux mesures de la plateforme de livraison visant à augmenter les cadences de travail et à baisser les salaires à leur profit. Un livreur explique les raisons de la grève dans le journal l’Est Républicain : « Il fallait qu’on s’organise car nos conditions de travail sont de plus en plus précaires ». En effet, les rythmes sont de plus en plus insoutenables lorsque les livreurs doivent parcourir des distances disproportionnées par rapport au temps disponible (15km en 10 minutes) alors que leurs revenus ont été divisés par trois en l’espace de 2 ans. Comme le souligne un autre livreur : « Une course nous est payée 4 euros, si une seconde s’ajoute dans la foulée on n’est payé que pour une. En moyenne je fais 30 euros par jour une fois que l’Urssaf m’a prélevé 22 % de mon chiffre. C’est pas tenable ».

La plateforme Uber Eats de Belfort se dit être favorable à un soi-disant « dialogue social » et prétend s’engager à « continuer à réfléchir aux solutions les plus efficaces ». A propos de la rémunération, elle indique comprendre « la frustration des livreurs dans ces périodes » et « discuter avec eux pour répondre à leurs inquiétudes » sans jamais envoyer aucun interlocuteur sur place même après plusieurs jours de grève. La plateforme se dit également « dépendre de l’activité et vouloir accroitre le nombre de restaurants faisant appel à ses services […] et engager une campagne de marketing ». À aucun moment cependant elle ne prend en compte les revendications des livreurs qui consistent à faire cesser la concurrence entre eux tout en préservant le prix des courses et à avoir un interlocuteur pour négocier.

En première ligne depuis la crise sanitaire, les livreurs à vélo cumulent la précarité de leurs conditions de travail avec le contact auprès de nombreuses personnes et de surfaces infectieuses sans avoir les moyens de protections suffisants et gratuits. Ils font également l’objet d’attaques de la part de la plateforme et sont victimes des politiques répressives de Uber Eats comme à Nantes par exemple. Néanmoins, des victoires sont possibles comme lorsque les Deliveroo ont réussi à faire condamner la plateforme de livraison en ligne pour travail dissimulé ou comme à Saint-Etinne récemment lorsque les livreurs ont relevé la tête et fait plier la plateforme après deux dimanches de grève consécutifs.




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