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Réchauffement climatique

Belgique, Allemagne, Arizona… des inondations dévastatrices : l’urgence climatique qui s’approfondit

Depuis la nuit dernière, de violentes intempéries entraînent des inondations et des effondrements de maison. Alors qu’en France, trois communes de Meurthe-et-Moselle sont en partie inondées, la Belgique déclare au moins 7 morts, tandis qu’en Allemagne le funeste bilan s’élève déjà à 49 décès. Aux États-Unis, l’Arizona est à son tour dévastée par les pluies diluviennes qui succèdent à l’intense sécheresse. Aux quatre coins du monde, le réchauffement climatique dénoncé depuis des années par les climatologues, continue de tenir ses promesses apocalyptiques.

jeudi 15 juillet

Crédits : AFP/ Bernd Lauter

La période de sécheresse extrême-conséquente au réchauffement climatique- qu’a connu l’Arizona est directement responsable des inondations qui déferlent depuis hier. Les sols asséchés ne sont plus en mesure d’absorber toutes les eaux de pluies, créant des torrents qui emportent voitures et hommes sur leur passage.

Du côté de la Belgique, de l’Allemagne et de la France, on retrouve le même scénario. Pour cause, l’effet de serre additionnel provoqué par les activités capitalistes et l’agriculture intensive a déréglé le cycle hydrologique, engendrant aussi bien pluies torrentielles, qu’épisodes caniculaires de plus en plus fréquents.

À la question « ce qu’on observe aujourd’hui en Belgique, c’était prévisible ? » Jean-Pascal Van Ypersele, ex-vice président du GIEC et professeur de climatologie répond simplement en sortant le premier rapport du GIEC, en date de 1990. Il en lit un passage : « l’effet de serre accentuera les deux extrêmes du cycle hydrologique c’est-à-dire qu’il y aura plus d’épisodes de pluie extrêmement abondantes et plus de sécheresses prononcées. », qui résume parfaitement la situation internationale actuelle dont s’étonnent la plupart des politiciens.

Les inondations et les sécheresses restent celles qui affectent le plus les populations. Le manque d’eau ou la dévastation des cultures réduit à néant les cultures et entraîne la paupérisation des agriculteurs. L’augmentation du prix de la nourriture peut alors provoquer des famines dont souffrent directement les classes populaires, et le manque d’eau potable multiplie les risques de transmission des virus et bactéries. Face à cette détresse climatique, certains font le choix de partir. Quelque 254 millions de personnes se sont ainsi déplacées entre 2008 et 2019, pour des raisons tenant exclusivement à des évènements climatiques (inondations, tempêtes, incendie, sécheresse).

En conséquence directe de cette inaction internationale, un récent rapport du bureau des nations unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNSDIR) démontre que les catastrophes naturelles liées au dérèglement climatique sont celles qui ont connu l’augmentation la plus importante ces vingt dernières années. Entre 2000 et 2019, 6304 d’entre elles ont été répertoriées dans le monde contre près de moitié moins (3402) entre 1980 et 1999. En ce qui concerne justement les inondations, leur nombre a plus que doublé en 20 ans.

Mais au-delà d’être plus fréquentes, le rapport démontre qu’elles sont aussi plus intenses, faisant plus de blessés et affectant plus de personnes dont le domicile est détruit et les sources de revenus perdues. Le réchauffement de la planète (jusqu’ici d’1.1 degré depuis l’ère industrielle) est désigné par les scientifiques comme seul responsable de ces dérèglements exponentiels.

Faisant référence au package européen, Jean-Pascal Van Ypersele ne tait donc pas son scepticisme vis-à-vis des nouvelles mesures prises par l’Union européenne, visant à réduire le réchauffement climatique : « selon moi, même si on avance, ce pacte n’est pas suffisant. Une diminution de 55% d’émissions de carbone d’ici 2030, c’est une prévision à minima. Mais cela ne me semble pas assez avec l’horizon 0% en 2050. »

En effet, Et les demi-mesures formées par l’Union européenne via le nouveau Green deal ou le ministère de l’écologie ne suffiront pas à enrayer le réchauffement climatique. Envisager une transition possible vers un capitalisme plus vert demeure une illusion, car cela Repeindre le capitalisme en vert ne permettra pas de changer la réalité de ce système productiviste et destructeur, dont la crise généralisée ne se manifeste non plus seulement en violence envers la classe populaire, mais en attaque directe contre le vivant. La vraie responsabilité repose en réalité sur les capitalistes et toute leur clique patronale qui n’ont en ligne de mire que leurs profits et qui maintiennent coûte que coûte ce système économique mortifère même si c’est au prix de milliers de vies et d’écosystèmes entiers. Seule une reprise de la production par le contrôle ouvrier nous permettra de penser une société qui répondra aux enjeux écologiques et sociaux !




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