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Notre classe

Education nationale. En défense du droit de grève et contre la répression

Bellefontaine. L’enseignante et sa mère toujours en grève de la faim et action prévue le 16 juillet

Correspondants Suite à leur participation à la grève de fin 2014 pour obtenir concrètement des moyens supplémentaires promis par la ministre de l’Education nationale, et contre sa réforme de l’Education prioritaire, six enseignant-e-s du collège Bellefontaine à Toulouse sont passés en procédure disciplinaire et ont écopé d’une mutation d'office. Parmi eux, Laure en est à ce jour à son 24ème jour de grève de la faim et, soutenue par des militants et des proches, est présente tous les jours devant le rectorat de Toulouse. Sa mère, qui l’a rejointe dans son combat, se trouve maintenant au 10ème jour de sa propre grève de la faim.

mercredi 15 juillet 2015

Le 16 juillet, rassemblement au Mirail « De quoi t’as peur Belkacem ?! »

En début juillet, lors d’un rassemblement à Paris devant l’Assemblée nationale des enseignants du collectif Bellefontaine (collectif du 22 mai), Laure n’avait été reçue ni par la ministre ni par un de ses collaborateurs (l’intervention du député Modem Jean Lasalle, qui avait décidé à cette occasion de la soutenir, et qui s’est manifesté depuis auprès du rectorat de Toulouse en ce sens, n’ayant alors eu aucun effet). A son tour, la ministre devait venir à Toulouse le 16 juillet prochain. Mais pas pour rencontrer Laure, naturellement : pour inaugurer en grandes pompes l’un des nouveaux bâtiments de l’université du Mirail, construits par Vinci au travers d’un contrat particulièrement avantageux pour cette multinationale vorace, avant de se rendre au rectorat de Toulouse pour son inauguration.

Elle a dû se douter que Laure et ses collègues comptaient dûment l’accueillir, et manifestement décidée à tout faire pour ne pas la rencontrer, elle a annulé sa venue, préférant sûrement participer aux festivités militaristes de son président et de son gouvernement et aux négociations avec des Mexicains décidés à conclure une vente d’armes. Comme le collectif le résume sur son FaceBook, « Vendre des armes, tuer une prof voilà un sens politique exemplaire ».

C’est son bras droit, Thierry Mandon, secrétaire d’Etat à l’Enseignement Supérieur et la Recherche, qui viendra à l’université du Mirail (Jean Jaurès) inaugurer la nouvelle Maison de la Recherche. C’est donc lui que les enseignants du collectif ainsi que les étudiants du Mirail mobilisés, dans le sillage d’une bataille de longue haleine (qui s’est notamment traduite au mois de juin par un meeting-concert unitaire contre la répression à Toulouse, et auquel le Bal des Réprimés du 13 juillet à Paris a fait largement écho) accueilleront comme il se doit.

Contre le cynisme, rompre les silences complices

Pour l’instant Laure, qui tient le coup malgré la fatigue grandissante, garde sa toute sa détermination de même que sa mère. Avec leurs collègues sanctionnés, période estivale ou pas, elles ont besoin de tout le soutien des organisations syndicales et démocratiques, afin que leur lutte puisse être médiatisée. Son isolement actuel n’étant d’ailleurs pas un hasard puisque d’une part les médias nationaux ont manifesté décidé de ne pas en parler, Mediapart et L’Humanité seuls faisant exception au sein de cette ignoble omerta. D’autre part, excepté Sud-Education 31 et CGT Educ’action 31, les organisations syndicales dans leur ensemble n’ont pas donné suite à leur communiqué unitaire du 30 juin, choisissant finalement le silence, à l’image du SNES, pourtant impliqué au début, qui estime maintenant que le problème est local et technique, et que toute popularisation risquerait de raidir le rectorat.

Celui-ci ainsi que Valaud-Belkacem, continuent donc de faire comme si une enseignante ne s’était pas sentie aculée à la décision de mettre sa vie en danger face, outre la répression, au mépris sans fond dont elle et ses collègues sont victimes. Pourtant, la médiatrice actuellement en place a confirmé auprès des enseignants que la Ministre était parfaitement habilitée à revenir sur la gestion de ce dossier par le rectorat depuis 2014, comme le rappelle Laure dans cette vidéo publiée hier soir dimanche sur le blog de son collectif de soutien.

Ce mépris cynique de la ministre s’est particulièrement manifesté lundi dernier, lorsque, entre bonnes amies du même camp, la ministre a remis à Hélène Bernard, la rectrice, une médaille académique. Mais elle en fait preuve de longue date, dès que les enseignants dénoncent la destruction programmée de leurs outils et conditions de travail, à l’image de la façon dont elle a lancée la réforme du collège en mai, et réagi à la colère des travailleurs de l’institution scolaire.

Elargissons la campagne de soutien à Laure, sa mère, et ses collègues réprimés !

Outre la pétition de soutien lancée par leur collectif, qui a déjà recueilli plus de 3500 signatures, les groupes Facebook du collectif, celui de Laure, et celui du groupe de soutien de Laure ont accompagné et tenté de populariser l’ensemble de la mobilisation qui a débuté au mois de mai. Il est plus urgent que jamais d’élargir cette campagne, et tous les selfies qui pourront être produits leur être adressés, à l’image d’un des plus utilisés, « Soutien à Laure contre la répression des grèves », seront les bienvenus.

Révolution Permanente, qui a relayé périodiquement cette lutte depuis plusieurs semaines, s’associe pleinement à cette campagne de soutien à Laure, à sa mère, et ses collègues, que ce soit par la voie des réseaux sociaux ou la mobilisation dans la rue, contre le « management brutal et [la] répression » dans l’éducation nationale, pour reprendre le titre de la tribune publiée dans Mediapart ce lundi 13 juillet par le collectif..

Pour faire plier Valaud-Belkacem et son chien de garde rectoral, comme le disait Laure lors d’une interview avec Révolution permanente du 4 juin, « On a besoin d’un mouvement du monde du travail, un grand mouvement syndical et politique contre la répression. Il faut dénoncer cette pseudo-gauche qui n’hésite pas à attaquer le droit de grève avec des prétextes de derrière les fagots. »

Soyons donc présent-e-s en force le 16 juillet à 8h30 au Mirail : « De Bellefontaine au Mirail : non à la répression ! »

« Ni mutation forcée pour avoir fait grève, ni peine de prison pour avoir manifesté !

Du fric pour les facs, collèges et lycées, pas pour les flics ni pour l’armée ! »




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