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Benalla acte 2 ? Soutien total de Macron et contrat avec des mafieux, les révélations de Médiapart

Mediapart publie ce jeudi de nouvelles données concernant l’affaire Benalla. Les enregistrements révèlent ainsi le soutien sans faille dont a joui Benalla, mais aussi la réalité de son implication dans l’affaire du contrat russe avec un oligarque proche de la mafia.

jeudi 31 janvier

Mediapart publie ce jeudi des révélations concernant l’affaire Benalla, appuyée sur les enregistrements sonores d’une conversation entre Alexandre Benalla et Vincent Crase, tous deux mis en examen suite aux violences sur la Place de la Contrescarpe. En violation de leur contrôle judiciaire, les deux hommes se retrouvent pour échanger sur leurs situations respectives, et dévoilent au passage de nombreuses informations qui mettent à mal les dires de l’Elysée et de Benalla.

Benalla, un homme de main soutenu et confiant

Les échanges publiés par Mediapart entre Vincent Crase et Alexandre Benalla témoignent d’abord de l’incroyable état de confiance dans lequel se trouve Alexandre Benalla, quatre jours après sa mise en examen et une semaine après les révélations du Monde.

Une confiance directement liée au soutien total dont semble jouir Benalla comme le démontre l’échange suivant :

— Alexandre Benalla, badin : « Truc de dingue, le “patron” [c’est ainsi qu’il surnomme Emmanuel Macron – ndlr], hier soir il m’envoie un message, il me dit : “Tu vas les bouffer. T’es plus fort qu’eux, c’est pour ça que je t’avais auprès de moi. Je suis avec Isma [Ismaël Emelien, conseiller spécial du président – ndlr], etc., on attend Le Monde, machin, etc.” »

— Vincent Crase : « Donc le “patron” nous soutient ? »

— Benalla : « Ah bah, il fait plus que nous soutenir […]. Il est comme un fou […]. Et il a dit comme ça, il a dit, il m’a dit : “Tu vas les bouffer. T’es plus fort qu’eux.” C’est énorme quand même. »

Un soutien qui dépasse d’ailleurs celui du simple Président, puisqu’Alexandre Benalla affirme être notamment en lien avec Ismaël Emelien, conseiller spécial d’Emmanuel Macron, considéré par certains comme « le cerveau du président », qui le conseille pour se préparer face aux médias.

De même, Benalla est resté en contact avec Ludovic Chaker, chargé de mission auprès du chef d’état-major particulier du président de la République. Mediapart révèle ainsi que Ludovic Chaker et Alexandre Benalla se sont vus à de multiples reprises depuis son renvoi. Des révélations qui démontrent qu’en plus des textos échangés avec Macron, Benalla a bien conservé des liens avec l’Elysée, plusieurs mois après son limogeage.

Benalla impliqué dans l’affaire du contrat russe

Mediapart confirme par ailleurs l’implication de Benalla dans l’affaire du contrat russe, contrairement à ce que celui-ci avait affirmé devant la Commission d’Enquête Sénatoriale il y quelques semaines.

Cette affaire concerne la société Mars de Vincent Crase, qui aurait noué un contrat de sécurité avec un oligarque russe, Iskander Makhmudov, connu pour être proche des milieux mafieux moscovites. Ainsi, non seulement Benalla entretenait des relations avec un représentant de Makhmudov en France, Jean-Louis Hagenauer, et a participé à mettre en œuvre le contrat, mais il est aussi à l’origine d’un montage juridique visant à dissimuler les liens entre Vincent Crase et la société Mars pour éviter que le scandale ne vienne entacher le juteux contrat.

Dans les échanges publiés par Mediapart, Benalla, conseille ainsi à Crase de mettre « la boîte au nom d’un autre mec… Parce que sinon […] ils vont faire des saisies conservatoires et ils vont mettre un stop à la boîte. » Finalement, les deux hommes vont choisir de créer une nouvelle entreprise, France Close Protection, en octobre 2018 pour récupérer le contrat. Celle-ci va rémunérer Benalla à hauteur de 12 474 euros en novembre.

Les révélations de Mediapart permettent ainsi d’ajouter de nouveaux éléments au dossier déjà bien lourd de Benalla. Pourtant, d’importantes zones d’ombre demeurent en ce qui concerne les relations entre Benalla et Emmanuel Macron, notamment sur la nature de leurs échanges après l’éviction de Benalla, ou encore sur les véritables raisons de la possession par l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron de passeports diplomatiques et d’un téléphone secret défense.




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