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Politique

"Réformer" l'assurance-chômage... sauf pour Benalla ?

Benalla, l ’« assisté » qui touchait le chômage... et des milliers d’euros de riches hommes d’affaires !

Il aurait perçu 11 000 euros « d'aide au retour à l'emploi ». Pendant ce temps, la réforme de l'assurance-chômage s'attaque aux plus précaires.

vendredi 14 juin

La légendaire petite frappe n’a pas fini de régler ses comptes

Alexandre Benalla, l’individu qui a généré une crise politique l’été dernier alors qu’il bénéficie d’une impunité ahurissante de la part de l’État, protégé pour ses agression durant la manifestation du 1er mai 2018, pour le trafic sur ses passeports diplomatiques ou encore pour les pots-de-vin réguliers dont 65 000 euros ont été récemment mis à jour par Médiapart, aurait également touché les indemnités de Pôle emploi.

Pour se justifier, il explique devant les médias ne pas avoir exercé d’activité professionnelle depuis son « départ forcé » du gouvernement, pour lequel il était rémunéré, selon ses dires, « 6 000 euros net » pour avoir été « chargé de mission auprès du chef de cabinet du président de la République », une mission qui couvre la durée du quinquennat de Macron. Et c’est à ce titre d’agent public contractuel qu’il a bénéficié du droit à l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) avec une part fixe de 11,92 euros bruts par jour ainsi qu’une part variable en fonction du précédent salaire.

Benalla aurait ainsi reçu 11 000 euros « d’aide au retour à l’emploi » entre août et octobre, alors qu’il aurait préalablement assuré être en CDI pour justifier auprès de sa banque la perception de 65 000 euros en tant que « conseiller personnel ». Car Mediapart a récemment révélé que Benella aurait reçu cette somme de la part de deux hommes d’affaire : Vincent Miclet et Philippe Hababou Solomon. Sans surprise, après avoir été contactés par le média, aucun d’entre eux n’a voulu faire de déclaration publique

Philippe Hababou lui aurait ainsi versé 15 000 euros pour le remercier de l’avoir accompagné au Tchad entre octobre et novembre. Vincent Miclet, quant à lui, a versé 50 000 euros. Ce dernier est déjà aux prises en Angola avec la justice qui soupçonne d’avoir détourné plusieurs centaines de millions d’euros, alors qu’il a fait fortune sur le commerce de la tomate, du riz, de l’huile et d’autre denrées jusqu’à devenir le leader de la distribution en Afrique de l’Ouest. Alors qu’il déclarait qu’« en Afrique, on ne fait d’affaires sans verser des commissions », est-il encore nécessaire de souligner qu’il fréquente les hautes sphères de l’État ?

Les internautes proposent à Benalla de "traverser la rue"

Celui qui disposait d’un appartement de luxe attribué « par nécessité absolue de service » et qui avait le « sentiment d’avoir fait une grosse bêtise » en parlant de son défoulement sur des militants en mai 2018, bien couvert par la police, ne semble pas trembler des révélations à son égard.

Les décisions de justices, les lois et la surveillance renforcés contre les plus précaires suscitent moins d’indignation de la part des grands médias, comme la grève de Chronopost où les travailleurs se disent contraints de frauder car leur salaire est inférieur aux taxes de l’état. Pendant ce temps, Edouard Philippe vilipendait dans son discours de politique générale ceux qui perçoivent plus d’allocations chômages que de revenus du travail, et disait faire en sorte que le « travail paye toujours plus que l’inactivité ». On imagine qu’il ne parlait pas de Benalla...




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