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Politique

Benoît Elleboode, ami de Véran, nommé directeur de l’ARS Nouvelle Aquitaine

Pour diriger l’ARS en Nouvelle Aquitaine, le conseil des ministres vient de nommer Benoît Elleboode, un proche d’Olivier Véran d’une part, mais surtout un ancien grand directeur du groupe Elsan, le deuxième opérateur de santé privé en France.

mardi 6 octobre

La départ à la retraite de l’ancien Directeur Général de l’ARS nouvelle Aquitaine avait conduit jusque là à une direction par intérim. Celle ci prend fin pour laisser la place à Benoît Elleboode dont la nomination fait tâche dans le milieux de la santé. En effet le passé de ce médecin et les liens qu’il entretient avec le ministre de la santé sont scandaleuses et semblent être à l’origine d’une ascension à ce poste en si peu de temps. Olivier Véran vice présidait le syndicat des internes en médecine entre 2007 et 2009 sous la houlette du fameux Benoît Elleboode.

Ces relations entre le nouveau directeur de l’ARS et l’exécutif pose donc un premier problème de principe que fustige notamment un ponte du métier qui témoigne en anonyme pour Sud Ouest : “Généralement, l’usage veut qu’il faut franchir certaines étapes avant de piloter un tel navire. Il me semblait que ce genre de copinage devait disparaître dans le nouveau monde

Mais le problème n’est pas seulement celui d’un arrangement entre anciens collègues. Jusqu’à maintenant, et depuis qu’il avait renoncé à ces postes d’Etat auprès de Roselyne Bachelot alors au ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé, entre février et octobre 2010 en tant que conseiller technique, mais aussi comme conseiller médical du directeur général en Nouvelle Aquitaine, Elleboode avait rejoint en 2018 le groupe Elsan.

C’est pour les comptes et les profits du deuxième opérateur de santé privé en France qu’a donc travaillé celui qui est aujourd’hui appelé à gérer les financements publics de la santé en pleine crise sanitaire. Ce conflit d’intérêt qui semble se pointer entre l’ensemble de la logique qu’il a mené et les taches de services publics qu’il est amené à prendre révèle plus en profondeur les liens entre le gouvernement et le grand patronat.

En réalité les processus de privatisation des services publics par des financements et des moyens toujours plus évalués au rabais s’inscrit dans une période de crise rampante du système économique qui nécessite à la classe dominante de réduire les dépenses publiques par des réformes néolibérales multiples. Fermetures de lits, moins de budgets, contrats non renouvelés, alors que le nombre de patients ne cesse de croître, alors qu’une saturation paralyse les hôpitaux, sont autant l’incarnation d’une politique qui se faisait avant tout aux profits d’organismes privés, comme Elsan. Il faut voir qu’en ce sens, la réduction des services publics représente une économie directe mais aussi et surtout, comme l’incarne le déremboursement des passages aux urgences prévu pour début janvier, la libéralisation d’espaces que peuvent investir les entreprises et lobbys pour relancer leur machine à profit.

Alors que les soignants ont besoin de moyens, la politique de l’ARS insuffisante vis à vis des tests fait peser le nuage d’une seconde vague d’autant plus violente qu’on ne peut en évaluer réellement l’ampleur. Cependant celle-ci se laisse deviner lorsque justement le nombre de tests stagne alors que leurs taux de positivité augmente exponentiellement, mais nous avons besoin de financement public pour des tests massifs. Ce n’est pas ce qu’a défendu Benoît Elleboode ces dernières années en collaboration avec les gouvernements successifs.

Ainsi que l’exprime l’annonce de fermeture de lits à Toulouse pour pallier à la situation financière, le ministère mène une politique encore largement austéritaire, qui limite drastiquement la capacité à résoudre la situation sanitaire qui impliquerait la mise en place de moyens à la hauteur de la gravité de la situation. En ce sens la nomination d’un des dirigeants privés qui a accompagné ces politiques ces dernières années donne une idée de ce que va être l’ARS Nouvelle Aquitaine sous sa direction.

La seule gestion qui puisse être à hauteur de la situation pour les travailleurs de la santé et l’ensemble de la population serait qu’elle soit organisée et planifiée par les soignants eux mêmes. Nous ne voulons ni PDG, ni banquier à la tête de notre hôpital public. C’est elle, guidée par une rentabilisation de la situation qui a conduit à la casse des services de soins et de la catastrophe qu’ont subi les services ces derniers mois.




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