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Biélorussie : le gouvernement appelle à tirer à balles réelles sur les manifestants

Alors que la révolte populaire biélorusse se poursuit depuis près de deux mois, le gouvernement de Loukachenko n’hésite plus à revendiquer l’usage de tirs à balles réelles contre les manifestants afin de mater le mouvement social contestant sa réélection.

mardi 13 octobre

Crédits photo : AFP

Le message du ministère de l’intérieur biélorusse, posté sur la messagerie Télégram est sans équivoque : « Les forces de l’ordre « ne quitteront pas les rues et utiliseront, si nécessaire, des équipements spéciaux et des armes de combat ». Une annonce glaçante, qui tombe après la violente répression d’une manifestation réalisée dimanche dernier à Minsk, la capitale du pays. En effet, selon l’ONG de défense des droits de l’homme Viasna, près de 600 manifestants ont été arrêtés. Le recours aux tirs à balles réelles est loin d’être nouveau de la part de la police biélorusse : celle-ci avait déjà eu recours à ces méthodes, et avait notamment tué un manifestant le 12 août à Brest, comme le rapporte le journal Libération

Si la répression est aussi violente, c’est parce que la révolte populaire se maintient fermement et continue de descendre tous les dimanches dans la rue, pour protester contre les dernières élections présidentielles qui se sont déroulées le 9 août 2020. Elections remportées à 80% pour la sixième fois et de façon consécutive par Alexandre Loukachenko, surnommé le « dernier dictateur d’Europe ».

De son côté, l’opposante Svetlana Tikhanovskaïa, actuellement en exil en Lituanie, a lancé un ultimatum sur les réseaux sociaux à Loukachenko, exigeant son désistement avant le 25 octobre, sans quoi elle appellera à des manifestations massives et à une grève générale. Une prise de position qui interpelle, alors que le mouvement dure depuis deux mois. Une prise de position qui s’accompagne d’un appel au pacifisme et cherche avant tout à éviter le scénario d’une mobilisation massive par la grève, en laissant toujours une porte de sortie au président-dictateur.

En d’autre terme, il est indispensable pour les travailleurs et les classes populaires aujourd’hui massivement mobilisé à ne pas attendre le 25 octobre pour augmenter le rapport de force face aux menaces du gouvernement qui, elles, sont immédiate. C’est pourquoi il est indispensable que les travailleurs s’organisent par eux-même, en toute indépendance des forces politiques dominantes, pour apporter une réponse concrète aux aspirations légitimes de l’ensemble du peuple biélorusse. Une voie qui passe irrémédiablement par l’émergence d’organe d’auto-organisation et un appel à une grève de masse, rapport de force indispensable à la chute de Loukachenko et à la prise en main par les travailleurs eux même de leurs propres affaires.




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