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Monde

Nouvelle tête pour l'impérialisme US

Blackwashing. Biden nomme un ancien général afro-américain à la tête de la principale armée impérialiste au monde

Le président élu des États-Unis, Joe Biden, a choisi l’ancien général Lloyd Austin pour diriger son futur ministère de la Défense. Alors qu’il est présenté par les médias comme un homme de responsabilité qui deviendrait le premier chef afro-américain du Pentagone, son passé de général militaire et ses liens directs avec l’industrie de l’armement viennent confirmer l’agenda impérialiste de Biden.

mercredi 9 décembre 2020

Crédits photo : AHMAD AL-RUBAYE / AFP

En juillet 2019 lors de sa campagne, Joe Biden avait déclaré à New York « Il est plus que temps d’en finir avec les guerres sans fin qui nous ont coûté des souffrances et des richesses incalculables ». Mais alors qu’un tiers de son équipe de transition au Pentagone provient de think tanks et d’entreprises liées à l’armement, il semblerait que le président élu ne soit pas prêt de tenir les promesses formulées dans ses discours.

Ce dernier s’est d’abord illustré en nommant au poste de secrétaire d’État Antony Blinken, ex-député dans cette même fonction sous l’administration Obama qui avait entre autres permis d’intensifier la guerre en Syrie via l’armement des groupes rebelles qui avait principalement bénéficié aux jihadistes. A cette même époque, Lloyd Austin était à la direction du CENTCOM, le commandement central des Etats-Unis, en charge de toutes les opérations du Pentagone au Moyen-Orient. Un poste de haute fonction qui l’amena jusqu’au conseil d’administration de Raytheon, géant de l’armement et fabricant de missiles dont l’ancien vice président aux relations gouvernementales n’est autre que le secrétaire à la Défense sous l’administration de Donald Trump. Cette entreprise dont Lloyd Austin est un membre haut placé depuis quatre ans, est un des principaux fournisseurs du régime saoudien dans le cadre de sa guerre au Yemen. Un conflit qui a permis à Raytheon de faire [plus de 3 milliards de ventes et à la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis de tuer plusieurs centaines de civils grâce à ces armes→https://www.nytimes.com/2020/05/16/us/arms-deals-raytheon-yemen.html].

Le congrès américain avait adopté une réglementation stipulant qu’un ancien militaire doit être à la retraite depuis plus de 7 ans pour devenir ministre de la Défense. Les élus devront donc accorder une dispense à Lloyd Austin puisque ce délai ne pourra être respecté. Le choix de Michèle Flournoy, ancienne sous-secrétaire à la politique de Défense sous Obama, n’est donc pas abandonné. Elle avait reçu lundi le soutien du démocrate Adam Smith, président de la commission des Forces armées de la Chambre des représentants mais elle était jugée, par l’aile gauche de Biden, trop proche de l’industrie de la défense à cause de sa participation active au think-tank WestExec Advisors qu’elle a créé avec Antony Blinken. Leur entreprise travaille entre autres avec une startup de surveillance israélienne, l’industrie de l’armement et le milliardaire Eric Schmidt.

Alors que le marché de l’emploi est sinistré et que le cap des 300 000 morts du covid-19 sera bientôt atteint aux Etats-Unis avec un système de santé dominé par les entreprises privées, empêchant des millions de personnes d’être assurées et en particulier les communautés noires ou latinos, le capitalisme américain maintient sa puissance non seulement en opprimant la classe ouvrière à l’intérieur du pays, mais aussi par ses interventions dans le monde entier. Quand les Républicains avaient avancé que Biden diminuerait le budget octroyé au secteur de l’armement, le CEO de Raytheon avait affirmé fin octobre « Nous avons perdus notre avance technologique face aux chinois et dans certains cas face aux russes. Nous allons devoir investir plus d’argent dans ces nouvelles technologies si nous voulons rivaliser avec ces nouvelles menaces ». Loin d’être un quelconque progrès pour la communauté afro-américaine, la nomination d’Austin Lloyd à un tel poste montre une fois de plus que l’investiture de Joe Biden se traduira par quatre années d’impérialisme et de politique militariste malgré le vernis progressiste et la diversité dont se targue le Parti Démocrate. Face à ces attaques, seule une classe ouvrière unie et organisée pourra combattre l’austérité et faire payer aux capitalistes la crise qu’ils ont créée.




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