^

Politique

Sexisme en Macronie

« Blagues salaces », misogynie, le sexisme du nouveau préfet d’Île-de-France dénoncé par d’ex-collaboratrices

Blagues salaces et remarques misogynes : Marc Guillaume, l’ancien secrétaire général du gouvernement et désormais nouveau préfet d’Ile-de-France, est accusé de sexisme par toutes les conseillères de l’Élysée en poste en 2018. Après l'affaire Darmanin, un nouveau scandale sexiste en macronie.

vendredi 7 août

Crédit Photo : AFP

Nommé préfet de Paris et d’Île-de-France par Emmanuel Macron lors du dernier remaniement, la réputation de Marc Guillaume envers les femmes n’a pas empêché ce haut fonctionnaire d’accéder à une des postes aux plus hautes responsabilités du gouvernement. Une injure faîte à celles qui en 2018, avaient dénoncé le sexisme dont il faisait preuve de manière tout à fait décomplexée, mais aussi à toutes les femmes travailleuses ou non dont les revendications sont totalement ignorées par Macron et son gouvernement, comme le montre la nomination de Darmanin au ministère de l’intérieur.

En effet, une note cinglante concernant l’ex-secrétaire général du gouvernement, datant du 8 mars 2018, jour de la lutte pour les droits des femmes, a été rédigée et signée par les toutes les conseillères de l’Élysée alors en poste, mais n’a jamais été rendue publique, rapporte le Huffpost. Elle était adressée à Anne Bayser, la secrétaire générale adjointe de la présidence de la République et faisait état d’une liste de blagues et réflexions sexistes, entendues lors des réunions interministérielles ou qui visaient directement certaines d’entre-elles. Si cette note visait particulièrement Marc Guillaume, dont l’attitude envers ses collègues féminines était particulièrement abjecte et ouvertement misogyne, elle concernait également un grand nombre de fonctionnaires et de députés alors au gouvernement. C’est en fait le sexisme au quotidien à l’Élysée que les conseillères dénonçaient en 2018.

Au sein de la haute administration, tout le monde connaît la réputation du haut fonctionnaire sous François Hollande puis sous Macron, envers les femmes. Au poste de secrétaire général du gouvernement, il se sait puissant et en profite, ne comptant pas les blagues salaces et les propos humiliants envers les femmes, qu’elles soient journaliste ou fonctionnaires comme lui.

Ainsi, une conseillère qui souhaite rester anonyme et à qui on a conseillé de ne pas relever les propos sexistes afin de ne pas gâcher ses chances. « Il préside tous les comités de sélection des directeurs d’administration, autant dire qu’il est chargé de détecter les hauts potentiels de l’État. Lui déplaire, c’est l’assurance de voir ta carrière brisée… ».

Au cours des réunions interministérielles, si les hommes étaient placés à la table des négociations, les femmes, à qui on « oubliait » souvent de donner une place, occupaient le second rang. Il n’était pas rare non plus que Marc Guillaume qui présidait ces réunions leur coupent la parole en toute impunité ou encore qu’il lance, sur le ton de la plaisanterie, des remarques pourtant ouvertement sexistes, telles que « mais, depuis quand laisse-t-on la parole aux femmes ? ». Haut placé, il était impossible pour les victimes de l’attaquer en retour par peur des conséquences sur leur carrière.

Parue il y a deux ans, cette note qui fait aujourd’hui l’objet d’une enquête du Monde, ne semble rien avoir changé à l’Elysée. Marlène Schiappa, déjà à l’époque, secrétaire de l’égalité hommes/femmes en était victime puisque Marc Guillaume ne se gênait pas pour piocher dans son budget et pour la traiter publiquement d’ « hystérique ».

Sollicité par le Monde, le nouveau préfet d’Île-de-France a nié en bloc toutes les accusations et a déclaré : « La misogynie m’est, dans ma vie comme dans mes responsabilités, totalement étrangère. J’ai, dans mes fonctions au Secrétariat Général du Gouvernement, engagé de nombreuses actions pour lutter contre la misogynie et en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes ».
Pour sa défense, il brandit donc ces « actions pour lutter contre la misogynie et en faveur de l’égalité » dont il ne précise d’ailleurs pas le contenu, mais qui sont en réalité une couverture ne l’engageant pas à grand-chose et qui ne trompent pas.

Si l’ex-secrétaire général du gouvernement a donc été écarté du nouveau gouvernement Castex, sa proximité avec la macronie et sa nouvelle nomination au poste de préfet d’Île-de-France montre, dans le sillage de l’affaire Darmanin, qu’en matière de lutte contre les violences sexuelles et le sexisme, il n’y a rien à attendre de Macron, de son gouvernement et de ses institutions.




Mots-clés

violences sexistes   /    Macronisme   /    sexisme   /    Du Pain et des Roses   /    Politique