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Politique

Répression

Blanquer annonce que les professeurs grévistes seront réprimés individuellement

Suite à la mobilisation des professeurs et aux scandales de « falsifications » ébranlant le bac 2019 la meilleure défense de Blanquer semble être l’attaque par la répression, promettant outre des retenues de salaire, des sanctions aux professeurs grévistes.

mardi 9 juillet

Poursuivant sur Europe 1, ce mardi 9 juillet, les annonces concernant la répression des professeurs en grève, Blanquer a affirmé que de nouvelles sanctions, outre une rétention de deux semaines de salaire, seraient imposés individuellement à ceux qui ont pu faire de la rétention de copies ou des blocages de jurys. Annoncé le 2 juillet, cette coupe de salaire est totalement injustifiée.

Bien que non remises, les copies ont bien été corrigées, et la présence des profs grévistes en commission d’harmonisation peut d’ailleurs l’attester du fait de l’émargement obligatoire. Défendant un système scolaire fondé sur l’égalité des chances, ces enseignants luttent donc contre les différentes mesures du gouvernement, tant « l’école de la confiance » que la réforme du bac qui promeuvent une école à deux vitesses et un bac dont la valeur serait indexée sur la situation sociale de l’élève.

Ainsi, il n’est pas étonnant de voir Blanquer si aisément imposer aux enseignants et jurys d’inventer ou d’estimer des notes en fonction de la moyenne du lycéen : cela correspond finalement à nouvelle entaille dans l’égalité de l’examen national.

Interrogé sur le mouvement, Blanquer a commencé par expliquer : « Les correcteurs grévistes étaient de l’ordre de 2.000 sur un total de 175.000, donc un tout petit nombre ». Un moyen de minimiser l’ampleur du mouvement, sans mentionner les enseignants, qui, suite aux pratiques douteuses imposées par le ministre, ont soutenu la grève en refusant de siéger aux jurys ou en votant la motion proposée par les syndicats de professeurs qui dénonce la gestion du bac.

Le ministre a continué en expliquant qu’il mettrait en place « une procédure [disciplinaire] pour chacun » des professeurs qui se sont mis en grève. Outre le fait qu’en annonçant des sanctions, Blanquer met en question directement le droit des grévistes à se mobiliser, ce mode de répression individuel vise ici clairement à réduire les possibilités de défense collective.

En outre, cette volonté de répression démonter encore une fois la volonté du ministre d’ignorer une mobilisation en faveur du service public, dans la droite ligne du gouvernement qui entend continuer à jouer les bulldozers malgré les nombreuses sirènes d’alarmes. En effet, le secteur de l’éducation n’est pas le seul touché par une forte vague de mobilisation. Le secteur de la santé, et en particulier les services d’urgences ou celui des pompiers sont aussi en lutte parfois depuis plusieurs mois, sans recevoir de réponse adaptée à leurs revendications.

Crédit photo : Brujitaf.fr




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