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Politique

"Ni droite ni gauche" : très à droite !

Blanquer "ouvert" à la suppression d’un jour férié

Blanquer continue de tracer son sillon à droite. Après notamment le drapeau français dans les salles de classe, c'est dans un entretien accordé au Parisien ce jeudi 21 février que le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse dit être « ouvert a la réflexion » à propos de la suppression d'un jour férié. Nouvelle attaque contre les professeurs et les droits sociaux.

lundi 25 février

Crédits photo : Eric FEFERBERG / AFP

Blanquer, le « ministre préféré » d’un gouvernement détesté

Avec le Grand Débat national, et à l’approche des élections européennes, le gouvernement s’illustre dans une tentative de rétablir l’ordre dans le pays, en apparaissant prompt au dialogue, mais aussi soudé et confiant pour l’avenir. C’est à cet exercice que s’est essayé Jean Michel Blanquer avec une certaine persévérance dans le dernier entretien qu’il a accordé au Parisien, jeudi dernier. Ainsi, ce moment a d’abord été pour lui l’occasion de réaffirmer un soutien sans faille à Emmanuel Macron, véritable éloge à Jupiter : un président qui « porte des valeurs de paix, de progrès, de développement durable, d’humanisme », et que la France a beaucoup de « chance » d’avoir en cette période pour le moins mouvementée. L’affaire Benalla est ensuite balayée d’un revers de la main, comme une affaire individuelle qui a pris bien trop d’importance, et que « l’esprit public » devrait oublier pour se pencher sur les vrais problèmes et enjeux de la période - l’impartialité de la justice et le tabassage de manifestant n’étant pas un problème capital aux yeux du ministre.

Le Parisien appuie à plusieurs reprises sur le « titre » de « ministre préféré des Français » de Jean Michel Blanquer, compliment que l’intéressé accueille « avec beaucoup d’humilité et de recul ». En effet, contrairement à ce que suggère cet échange de civilités, le recul apparaît ici absolument nécessaire : si trouver une quelconque fierté à être le ministre préféré d’un gouvernement haï, à l’image du ministre de l’intérieur devenu figure d’une répression sanguinaire, semble déjà peu ambitieux, l’amour des Français pour Blanquer reste en plus très relatif ! Un simple coup d’œil aux mobilisations lycéennes contre la réforme du BAC et ParcourSup, ou encore aux grèves et occupations d’établissement contre son projet réactionnaire de « l’école de la confiance » est suffisant pour mettre la préférence des Français pour leur ministre de l’’éducation nationale et de la jeunesse bien à distance.

« ni droite ni gauche » ? A droite toute !

Alors quand on lui pose la question, c’est avec cette posture de dialogue affichée que Blanquer se saisit d’une proposition qui semble tomber à pic. L’homme qui dit éprouver à l’égard du projet républicain et de l’éducation des jeunes Français un sentiment qualifié de « ni de droite ni de gauche », se déclare immédiatement « ouvert » sur la question de la suppression d’un jour férié, apparemment plébiscitée par les lecteurs du Parisien. « Je ne pense pas que ce soit le remède à tous nos problèmes, mais c’est un sujet de réflexion auquel je suis ouvert » précise le ministre.

Retour en force des drapeaux français et chants patriotiques dans les classes, suppression de jours fériés... autant de signaux envoyés à la droite au moment où Macron, dont l’aile gauche a décroché, s’évertue à consolider sur sa droite un bloc autour du « parti de l’ordre. »

Suppression de jours fériés, suggestion de multiplier les « journées de solidarité » (journées de travail non payées pour les salariés), jours de carences pour le public et le privé : voici donc le visage de « l’ouverture » politique de Blanquer, à l’image de celle du gouvernement Macron : ouverture à droite.




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